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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 19:07

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Steven Saylor, John Maddox Roberts et Danila Comastri Montanari.

 

Ces ttois auteurs, ainsi qu’Anne de Léseleuc étudiée sur un autre fichier, étaient publiés par 10/18 dans l’excellente collection « Grands détectives ». Malheureusement, pour des raisons purement commerciales, l’éditeur a interrompu les publications et n’a pas réimprimé depuis 2007 ou 2008, de sorte que les ouvrages sont difficiles à trouver.

Steven Saylor, né en 1956, a écrit depuis 1991 la série « ‘les mystères de Rome », treize volumes dont quatre non traduits, deux ouvrages historiques non traduits, Roma et Empire, après des romans sur l’histoire du Texas.

Le personnage central est un nommé Gordianus, citoyen romain qui exerce la « profession » de détective privé ; ce n’est pas un anachronisme, car en l’absence de police les enquêtes étaient menées par des sénateurs, magistrats ou divers intrigants. Gordianus a épousé Bethesda, une esclave achetée en Égypte, adopté Eco, un esclave qui servait d’épouvantail sur une exploitation agricole du Mezzogiorno, pour Meto, un enfant muet, et son esclave garde du corps Davus a épousé sa fille Gordiana, dite Diana.

Tous ces personnages ont des personnalités marquées et éloignées de tout conformisme. Ce qui amène des situations tantôt dramatiques, tantôt comiques, dans une tradition qui remonte au picaresque espagnol et français du xviie siècle, des romans-feuilletons du xixe (d’ailleurs l’allusion aux Mystères de Paris d’Eugène Sue, aux Mystères de Marseille, à Paul Féval, Michel Zevaco, dont les romans paraissaient sous forme d’épisodes hebdomadaires qui assuraient la fidélité d’un public populaire.

Le thriller américain, dont les techniques s’enseignent à l’université, descend d’ailleurs d’Alexandre Dumas…

John Maddox Roberts, né en 1947, a débuté dans l’heroic fantasy, notamment en poursuivant avec d’autres la série Conan le barbare cimmérien (les huit romans de sa plume semblent être les meilleurs de la série), et ajoutant plusieurs séries du même genre, qui n’ont aucune prétention historique. Puis il a entamé la série SPQR en 1990 ; cinq volumes seulement sont disponibles en français, sur treize.

Son personnage est un membre de l’immense famille des Caecilii Metelli, qui mène une carrière obscure en commençant par le bas de l’échelle de la fonction publique élective ; il finira sénateur. Contrairement à Saylor dont le narrateur raconte au jour le jour, Decius Caecilius est censé raconter ses aventures dans sa vieillesse, sous le règne d’Auguste « notre Premier citoyen », alors que la paix est revenue avec la monarchie et qu’on peut porter un jugement aigu sur les troubles de la fin de la république et leurs acteurs.

Decius fait aussi volontiers le coup de poing et se fourvoie dans des aventures dangereuses, sans être soutenu par son père, type de « vieux romain » totalement dépourvu d’humour. Ce qui ne l’empêche pas de sauver l’État de plusieurs conspirations.

Les deux auteurs parlent des mêmes personnages et à peu près des mêmes événements : Catilina, Cicéron, Hortensius et la conspiration de 63 ; Catulle et son amour pour Clodia ; Clodia et ses relations ambiguës avec son frère Clodius ; Clodius agent de César à Rome pendant la guerre des Gaules ; Milon et la mort violente de Clodius ; Pompée, Crassus et bien entendu César. Chez Saylor, on a carrément détourné et paraphrasé de longs extraits de textes latins, un poème de Catulle, un discours de Cicéron, et il est intéressant de voir avec quelle astuce et quel naturel ces textes authentiques sont mis en scène.

Saylor peint un personnage plutôt révolutionnaire, dont le fils Meto sera le secrétaire (et plus) de César, tandis que celui de Maddox Roberts se déclare conservateur et républicain. Les points de vue sont différents, mais Clodia fascine toujours par sa beauté et son immoralité, Lucullus par son luxe, Cicéron par son habileté politique et rhétorique, César par ses talents multiples mis au service d’une seule cause, lui-même. On est très loin des statues honorifiques et des portraits guindés dressés par les éloges funèbres et les historiens antiques, quand les personnages n’ont pas soigné leur portrait eux-mêmes comme César et Cicéron.

Si l’on avait remplacé les manuels du secondaire par ces romans, il y aurait sans aucun doute beaucoup d’étudiants en lettres classiques ! Un gros problème est toutefois que, les auteurs et les traducteurs ne connaissant pas le latin, on trouve à répétition des formules fautives comme « Clodia pulcher », « un contio », « une munera », etc. En revanche, il n’y a pas de grosse erreur historique, simplement des extrapolations vraisemblables (aucun rapport avec le pénible Quo vadis ? de Sienkiewicz).

Danila Comastri Montanari, née en 1948 à Bologne, est si je ne me trompe  de la famille d’une collègue archéologue qui enseigne à Bologne où je l’ai  rencontrée voici quelques années. Elle aussi a commis treize titres dont sept traduits en français, Wikipédia ne mentionne pas les autres. Son héros est un sénateur qui fréquente plus ses domaines ruraux que le Forum, mais qui est néanmoins rejoint par les soubresauts de l’histoire et de la folie des premiers successeurs d’Auguste. Je vous en parlerai une autre fois plus en détail, car il faut du temps pour relire ces volumes qui pèsent tous dans les 300 pages.

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Published by - dans LC02
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