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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 20:00

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Panem et circenses

 

Les courses de chars, la gladiature, le mime sont des spectacles aussi populaires que vulgaires, volontieurs obscènes (le mime et la pantomime), cruels (les courses de chars), voire sadiques (la gladiature). Ce sont pourtant des choses totalement différentes, qui ne se déroulaient normalement pas dans les mêmes lieux, et qui ont été introduites à des époques différentes à Rome, et qui ne participent pas au même niveau à la vie politique.

Notons déjà que la formule panem et circenses, le pain et les jeux de cirque, n’apparaît que dans la dixième satire de Juvénal, autour de 120 ap. J.-C. ; il est donc impossible qu’elle ait figuré sur l’entrée monumentale du cirque à l’époque de César, comme l’ont imaginé Goscinny et Uderzo. On ajoutera aussi que les combats de gladiateurs, représentés à Tarquinia (80 km au nord-ouest de Rome) dans la tombe des Augures à la fin du Ve siècle av. J.-C., ont été introduits à Rome dans le cadre des cérémonies funéraires des grandes familles avant de faire partie de la vie publique ; et que les jeux scéniques, également d’origine étrusque avec des influences grecques (de Campanie), ont été introduits en 364 av. J.-C. pour des raisons religieuses : il s’agissait d’apaiser les dieux après deux ans d’épidémie (Tite-Live, Histoire romaine VII 2). Le mime semble avoir remplacé la comédie latino-étrusco-campanienne seulement à l’époque de Caligula.

Dans le courant du IIème siècle avant J.-C., les jeux (romains, Apollinaires, plébéiens, etc.) se multiplièrent. Ils servaient nettement les intérêts électoraux des magistrats qui les « éditaient » à leurs frais et comptaient sur la popularité ainsi acquise pour se faire élire aux magistratures supérieures. En principe, ce sont les édiles, chargés d’entretenir les temples et les rues, qui paient ces distractions au peuple en début de carrière. La reconnaissance du peuple (car ces fêtes s’accompagnaient de distributions de vin, d’huile et de pain) leur valait ainsi d’être élus préteurs, puis, une fois sortis de charge, de passer propréteurs dans une province dont ils exploitaient éhontément les habitants pour rembourser leurs dettes (ceci à partir de Sulla, en 82).

C’est pour cette raison que les augures déclaraient facilement que les jeux – dédiés aux dieux, rappelons-le – avaient été viciés par un défaut dans la prise des auspices ou sous n'importe quel autre prétexte, comme un coup de tonnerre. Ainsi, on les recommençait en totalité en totalité plusieurs fois, et cela tenait la populace sous la pression de l' «opium du peuple» de l'époque.

Exemple le plus célèbre, Jules César, qui paya 160 paires de gladiateurs pendant son édilité de 68 ; les conservateurs du sénat s’empressèrent de limiter le faste de ces munera, notamment parce que les gladiateurs étaient des combattants professionnels et pouvaient éventuellement jouer un rôle déterminant dans les combats politiques qui reposaient sur la corruption et sur l’intimidation à cette période.

À partir de la dictature de César, il n’y eut plus d’élections effectives, et c’est le Prince qui ordonnança tous les jeux. C’était d’ailleurs le Prince qui possédait presque la totalité du numéraire disponible dans l’Empire… et le petit panier d’osier dans lequel les ménagères déposaient quelques pièces de monnaie pour le marché, le fiscus, finit par désigner le trésor impérial.

Sur la gladiature, je vous renvoie à deux thèses importantes, donc épaisses, celle de Georges Ville, 1981, et Le Pain et le Cirque de Paul Veyne, 1976 (Seuil). Mais il reste une excellente lecture pour la plage, les 735 pages du Néropolisde Monteilhet, largement inspirées de Georges Ville. Un excellent entretien de Paul Veyne est paru récemment dans un hors-série de L’Histoire, décembre 2009, consacré à la BD Muréna. Moins de 5 € et probablement encore disponible en cherchant bien.

J’en extrais un article de Jean-Paul Thuillier, Directeur des Études à l’ENS-Ulm, que je reproduis partiellement.

« Dans la Rome antique, aux premiers siècles de notre ère, certains auriges (cochers) jouissaient d’une faveur et de privilèges aussi grands que les footballeurs stars d’aujourd’hui. Des inscriptions funéraires détaillent pourla postérité la carrière et le palmarès de ces idoles. Ainsi, Caius Appuleius Diocles, qui venait d’Espagne, une province où les courses de chars étaient particulièrment prisées, se flatte-t-il, dans son épitaphe, d’avoir remporté 1462 victoires sur les 4257 épreuves qu’il avait disputées au cours de 24 ans de carrière. L’inscription insiste sur ses débuts, sa première victoire, les différdnts propriétaires pour lesquels il a couru et qui sont en fait les « factions »' (des entreprises asses semblables aux grands clubs de football actuels) ; elles étaient quatre au total et différenciées par leur couleur : blanc, rouge, vert et bleu. [Ces écuries étaient aussi liées aux factions politiques : ainsi les populares pariaient sur les verts, et Suétone raconte que César, pendant son édilité, fit mettre du sable vert sur la piste en le teintant avec du sulfate de cuivre.]

«  […] Les idoles du cirque romain étaient ces conducteurs de chars. D’après l’historien Tite-Live, le programme officiel du cirque fut longtemps composé de quadrigae et de desultores : des chars à quatre chevaux et des cavaliers-voltigeurs qui couraient avec deux chevaux. L’absence de simples courses montées est d’autant plus étonnante que les Grecs pratiquaient cette compétition régulièrment : les vainqueurs athéniens à la course montée d’Olympie, la kélès, bénéficiaient dans leur cité des mêmes récompenses que les vainqueurs à la course de chars. Mais les vainqueurs étaient les propriétaires des chevaux et non les cavaliers ou auriges, simples professionnels. […]

«Les Étrusques ont presque tout apporté aux Romains dans le domaine des compétitions hippiques et athlétiques. Selon la tradition historiographique, c'est le roi Tarquin l'Ancien qui aurait «inventé» le Grand Cirque, dans la dépression naturelle située entre l'Aventin et le Palatin ; il aurait organisé les premiers grands jeux romains, vrfs la fin du VIIe siècle avant notre ère. Or les fresques funéraires étrusques de Tarquinia et de Chiusi ne montrent pas de courses de chevaux montés ; en revanche, chars de compétition et cavaliers-voltigeurs se bousculent sur les parois des tombes.

À Rome, les plus appréciées étaient les courses de quadriges, courses de galop très animées et périlleuses. Le danger était grand, au passage des bornes autour desquelles les chars tournaient :: lors que la roue gauche – on courait «corde à gauche» – touchait la borne, c'était le «naufrage» et, parfois, la mort accidentelle de cochers souvent très jeunes. Ce ne fut pas le cas de notre Dioclès qui l'emporta aussi sur des chars tirés par deux ou trois chevaux.. Le trige était constitué de deux cheevaux timoniers et d'un cheval extérieur relié au char par un simple trait ; ce cheval extérieur tenait un rôle capital dans les virages. Et, sur ce point, nous saisissons encore les influences étrusques sur le cirque romain : seuls les Étrusques utilisaient en compétition ce type de char, que les Grecs ont toujours ignoré. Il y avait même à Rome, au Champ de Mars, le long du Tibre,, un cirque d'entraînement appelé Trigarium en raison des triges qui s'y produisaient ; ce cirque, qui remonte à la période étrusque de Rome (614-510 av. n. è. selon la tradition), était aussi le  théâtre de quelques courses officielles, à l'occasion de festivals religieux. Et la présence de ce Trigarium explique que les écuries des factions aient été situées dans cette zone de Rome et non près du Grand Cirque ; des fouilles pratiquées sous le Palais Farnese ont permis récemment de retrouver des vestiges du siège d'une de ces factions.

Violence de la course

Au IIe siècle de notre ère, des chars plus étranges virent le jour, et notre Dioclès se vante de l'avoir emporté sur un char attelé à six et même à sept chevaux ! Mais ces épreuves devaient être exceptionnelles, comme devait l'être aussi celle appelée celle dite pedibus ad quadrigam gagnée par un autre aurige vedette, Publius Aelius Gutta Calpurnianus. Il faut imaginer là, sans doute, une épreuve où l'aurige s'élançait à pied (pedibus) pour rejoindre son char (ad quadrigam), ce qui permettait aux spectateurs de contempler leurs idoles plus à loisir que dans le feu de la course hippique.

À quoi ressemblaient ces auriges-vedettes ? Quels étaient l'équipement et la technique de ces agitatores, comme on disait en latin ? Il ne faut surtout pas les confondre avec l'Aurige de Delphes, type même du cocher grec, vêtu d'une tunique blanche qui lui tombe jusqu'aux pieds ; celui-ci a la tête coiffée du bandeau de la victoire et il tient les guides dans les mains. Le cocher romain, comme son prédécesseur étrusque, porte une tunique courte (aux couleurs de sa faction) qui s'arrête à mi-cuisses ; il a la tête habituellement protégée par un casque de cuir, et surtout les guides sont nouées autour de sa taille. On voit bien et l'intérête et les risques de cette technique : les guides ne pouvaient glisser des mains dans la violence de la pleine course mais, en cas de naufrage, le péril était multiplié ; aussi, pour éviter d'être traîné par les chevaux emballés – un accident assez f'réquent –, l'aurige romain portait-il, glissé dans les lanières de cuir qui lui formaient comme un corset autour de la poitrine, un couteau en forme de serpette avec lequel il tentait au dernier moment de couper les guides pour se libérer de ce nœud mortel.

À Rome, le programme hipppique officiel comportait donc aussi des desultores qui ouvraient et fermaient le spectacle. Ces cavaliers, comme ceux des cirques modernes, partaient avec deux chevaux et sautaient d'une monture sur l'autre, sans doute à chaque tour de piste. Les écrivains romains ont souvent été tentés par cette image du desultor, qu'ils reprenaient parfois pour qualifier l'art du traducteur, sautant d'une langue à l'autre. Et, de la traduction à la trahison, il n'y a qu'un pas  : trahison amoureuse, et c'est Ovide qui parle du desultor amoris, du «voltigeur d'amour». Image bien cavalière que l'on retrouveencore chez Cicéron pour qualifier un personnage politique qui change de veste, ou plutôt de toge ! au gré des circonstances.

Un dernier trait démontre que les Étrusques ont inspiré les jeux du cirque romain. À Olympie, aucuen femme ne pouvait assister aux grands jeux panhelléniques, à l'exception de la prêtresse de Démêter Chamynè. À Rome, au contraire, les femmes s'installaient librement surles gradins du Grand Cirque. Ovide, poète de la séduction, savait que le Cirque favorisait les rencontres amoureuses. Et lorsqu'Auguste, menant une politique d'ordre moral, voulut séparer les hommes et les femmes dans les édifices de spectable, il ne put appliquer sa réforme au Cirque ; sans doutese heurta-t-il à une tradition trop ancrée, une tradition qui remontait précisément à l'Étrurie. Sur une fresque de Tarquinia  du débutr du Ve siècle av. n.-è. (la tombe des Biges, dont les fresques déposées et restaurées se trouvent au musée de Tarquinia), se déroulent des jeux hippiques et athlétiques, auxquels assistant des spectateurs des deux sexes, installés sur une tribune de bois couverte d'un velum de toile.

À Rome, les jeux du cirque touchaient toutes les classes sociales, de l'empereur jusqu'au dernier des esclaves. Tousles regards convergeaient sur les auriges, objets de grandes passions. Passions malsaines, selon les auteurs chrétiens qui iles dénonçaient avec véhémence, et qui devaient encore s'exacerber dans l'Empire byzantin, à Constantinople surtout, pour conduire à des troubles sanglants rappelant le comportement des hooligans. Adulés par leurs tifosi, guettés parles parieurs, honnis par les supporters des factions concurrentes, déjà critiqués pour les sommes incondérées qu'ils gagnaient alors que d'autres activités plus nobles conduisaient à la misère, tels étaient ces agitateurs de chars, toujours prêts à risqur la mort pour l'emporter au passage de la borne.»

 

Voilà donc ce  qu'écrit mon camarade Jean-Paul, qui ne m'en voudra pas de l'avoir reproduit à peu près mot à mot, puisqu'il est le meilleur spécialiste du sujet et que je n'aurais pu balancer sur le blog que des approximations moins efficaces.

Je vais quand même ajouter quelques détails, dans la seule mesure où ils pourront vous servir pour affronter, si besoin est, l'examen de rattrapage dans deux mois.

Pour simplifier, les jeux athlétiques de l'Antiquité sont issus du domaine civique, et les jeux de gladiature du domaine privé.

Depuis 776 av. l'ère vulgaire, les Jeux Olympiques existent, et en plus ils fondent la chronologie des cités grecques réunies dans une fédération de cités. Ce qui signifie qu'ils étaient là pour régler non seulement la vie des cités, mais surtout les relations entre des cités souvent rivales, mais liées surtout par l'idéologie d'une commune autochtonie hellénique : au début de l'Âge du Fer, les Hellènes, conscients qu'ils héritaient une protohistoire extrêmement compliquée, avec des féodalités de l'Âge du Bronze final dont les rivalités étaient transmises par le mythe, conquièrent l'idée de la πολιτεία, c'est-à-dire, pour faire aussi simple que possible, que les Hellènes de race pure, sans se soucier des Barbares qui les environnent, vivent dans des villes qui contrôlent des campagnes, vénèrent à peu près les mêmes dieux et déesses, et grosso modo constituent une civilisation urbaine avec des intérêts et des conceptions intellectuelles communs.

Dès cette époque, on commence à créer des conventions annuelles ou quadriennales. Il y avait les jeux delphiques, panathénaïques, corinthiens, mais la chronologie s'est fondée sur les olympiques. Peu importe : les jeux étaient identiques, et ils étaient, surtout, civiques. Il s'agissait d'honorer dans plusieurs épreuves sportives, course, boxe, javelot, tir à l'arc, épreuves hippiques, les jeunes citoyens qui étaient les meilleurs et les plus beaux, καλο κγαθο. On honorait les dieux de la Cité, la beauté des Citoyens.

Chez les Étrusques, les jeux ont un tout autre sens, bien que certaines cités étrusques, Tarquinia et Caere en tout premier à cause de leur façade maritime et de leurs relations privilégiées avec Corinthe puis Athènes, soient fortement hellénisées, et qu'on ait trouvé plus de céramique attique à Caere qu'à Athènes même. La société étrusque, au VIIIe siècle, est féodale, et elle le reste au VIe dans des centres ruraux comme Murlo, San Giovenale ou San Giuliano. La cité étrusque apparaît tout juste début VIIe dans la zone maritime hellénisée, plus tard dans l'intérieur. Rome, sous influence étrusque, devient une cité à la fin de ce siècle ou au début du suivant, sous la direction d'un clan de tyrans appelés les Tarquins, selon la tradition.

Les jeux gymniques relatés sur les fresques des tombes étrusques, Tarquinia et Chiusi en particulier, ne relèvent pas du civique mais du féodal : ce sont des rituels qui, développés le jour de l'enterrement, permettent au suzerain ou au noble de passer tranquillement vers la vie éternelle. Preuve en a été donnée voici quelques années par Jean-René Jannot, dans un ouvrage malheureusement introuvable (publié par Ouest-France ; si l'un de vous le trouve chez un bouquiniste, qu'il en fasse profiter les autres). La tombe des Augures, à Tarquinia, prouve que les combats de gladiateurs faisaient partie du rituel funéraire à la fin du VIe siècle.

Rome, simple avant-poste ou plutôt relais du commerce étrusque vers la Grèce d'Italie du Sud, a reçu ces rituels assez tard. Les jeux sportifs probablement au VIe siècle, la gladiature au Ve et le théâtre (lui aussi d'origine religieuse) un peu plus tard. Un texte intéressant de Tite-Live (VII 10) indique qu'on exécuta les premières pièces de théâtre pour «propitier» une épidémie, et qu'ensuite «la jeunesse» oublia le prétexte religieux et en fit des jeux vulgaires et probablement arrosés, qui dégénèrent dans le mime tant critiqué, sous Néron, par Sénèque, et sous Trajan par Juvénal.

Les courses de char, dont nous venons de voir que les Romains en ont fait un spectacle qui n'a plus rien à voir avec les jeux civiques de la Grèce ni avec les cérémonies funéraires de l'Étrurie, faisaient l'objet de paris et avaient des enjeux politiques. Quatre factiones concouraient, donc quatre chars à la fois, les bleus, les blancs, les verts et les rouges ; les blancs avaient la faveur du sénat conservateur et les verts celle de la plèbe, au point que César, voulant flatter la populace, imagina pendant son édilité de faire teinter le sable de l'arène en vert avec du sulfate de cuivre ! Ce qui explique cette réflexion de Goscinny : «ça paie le sable de l'arène.»

Tous les moyens étaient bons pour gagner. Les cochers professionnels étaient ligotés à leur attelage et portaient un poignard pour couper les liens, sans quoi, en cas de chute, ils étaient traînés par leurs chevaux et à peu près sûrs d'y laisser la vie. Il n'était pas exclu d'utiliser le fouet pour faire tomber le cocher adverse, et le passage de la borne (meta) constituait un virage en épingle, un U-turn, extrêmement dangereux.

Les combats de gladiateurs, qui n'ont rien à voir avec les courses et se déroulaient plutôt dans les amphithéâtres qui s'élevaient partout en Italie et dans les provinces, n'étaient pas moins cruels et donnaient lieu aux mêmes paris. Ils étaient également très codifiés, avec des armements précis, épée courte, filet, masque, trident, suivant la qualification du combattant, rétiaire ou samnite. Les combattants étaient des professionnels, en général d'anciens esclaves, entraînés dans des écoles spécialisées (les ludi) et loués aux magistrats par des entraîneurs, les lanistae, qui pouvaient s'enrichir énormément. Les lanistes, comme les bouchers, étaient méprisés mais indispensables dans la vie politique.

Vie politique où, d'ailleurs, les gladiateurs jouaient un rôle (voir les romans de John Maddox Roberts et de Steven Saylor, Montheillet, Sienkiewicz, etc.). Ceux qui survivaient à suffisamment de combats «raccrochaient les gants» ou, en latin, «obtenaient le bâton» et constituaient volontiers les troupes de nervis au service des hommes politiques. Il arrivait aussi que des gladiateurs se révoltent et tentent de conquérir la liberté : la révolte de Spartacus, gladiateur d'origine thrace,, est partie d'un ludus de Campanie. César, toujours lui, «édita» pendant son édilité un spectacle avec 180 paires de gladiateurs ; le risque de voir 360 hommes entraînés au combat envahir le forum suggéra au Sénat de limiter les spectacles à 60 paires.

Je vous remettrai pendant l'été quelques détails supplémentaires et de la bibliographie. Concluons sur une note morale : plus les gladiateurs étaient couturés de cicatrices, éborgnés ou privés de leur nez, et plus ils séduisaient les femmes de la noblesse… chacun ses goûtes. Je vous renvoie à Juvénal et à l'immense Federico Fellini.

 

 

. Les fresques ont beaucoup souffert de leur découverte après une conservation de 2400 ans en milieu anaérobie, et une grande partie de leur surface a disparu. Heureusement, plusieurs dessinateurs et aquarellistes les ont saisies peu après leur découverte, ce à quoi nous devons des reconstitutions au trait, ou en couleurs, plus ou moins fidèles, qu’on peut trouver dans plusieurs catalogues d’expositions, notamment Les Étrusques et l’Europe de 1996, mais dont des dessins au trait, sommaires, figurent aussi dans le très populaire et mal informé Les Étrusques de Werner Keller, chez Marabout. Les personnages hiératiques qui siègent sur les estrades sont des prêtres et prêtresses, voilé(e)s, assis sur des chaises curules et tenant des sceptres. Ces personnages peuvent s’assimiler à des magistrats et à l’équivalent tarquinien des Vestales, sans qu’on puisse trop préciser puisque la tombe ne comporte pas d’inscriptions. Les épreuves athlétiques, représentées de manière assez schématiques par simple agrandissements, me semble-t-il, de figurations de la céramique attique à figures rouges, sont totalement grecques. La tombe du Singe, la tombe del Colle Casuccinià Chiusi, que mon collègue ne mentionne pas ici, ainsi que la tombe dite des Augures à Tarquinia, présentent d’autres luttes qui font encore plus manifestement partie d’un rituel funéraire. Un seul des trois relevés graphiques de la tombe des Olympiades présente en totalité les scènes qui se déroulent sous l’estrade : quatre trios d’éphèbes dans des relations explicitement sodomites. Deux des trois illustrateurs recensés ont simplement supprimé celui qui subit les assauts, ce qui rend les illustrations habituellement publiées incompréhensibles. Cela dit, à moins d’admettre que les coutumes pédérastiques de l’éphébie athénienne ne se soient exportées à Tarquinia en même temps que des quantités de céramique, je ne peux pas, pour le moment, en proposer la moindre explication [R.A.]/

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