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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 18:24

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Arte et les origines de l’homme, samedi 15 juin 2013

 

Ce samedi soir la chaîne franco-allemande diffusait deux documentaires sur les séparations entre l’australopithèque, les différents proto-hominiens, et les deux homo sapiens sapiensreconnus, Neanderthal et Cro-Magnon.

Un seul film aurait suffi, puisqu’une grosse demi-heure d’images de synthèse était commune entre les deux.

L’idée générale est totalement darwinienne et ignore totalement les fantasmes créationnistes, ce qui est excellent, puisque de toute façon les fanatiques de la Bible, parole de Dieu révélée, ne lâcheront jamais leur os. La raison ne peut tout simplement pas discuter avec eux. Autant dire que suivant une proposition de Raymond Khoury dans Le Signe (Pocket 14343, p. 423 sqq.), 70% des Étatsuniens croient dur comme fer à l’Arche de Noé, à la fabrication du monde en 4000 avant Jésus, etc.

Il n’est pas pour autant utile d’accumuler tant de platitudes répétitives, ces silhouettes courbées à moitié velues qu’on voit de dos cheminer en chaloupant dans une savane de synthèse, ces graphiques en triangle inversé : une fois, on a compris ; dix fois, c’est du bourrage de crâne, ou prendre les téléspectateurs pour d’aussi cons que les clients (ou plutôt victimes) des télévangélistes.

Il y avait quand même quelques croûtons à déguster dans cette soupe : que l’idée d’émousser un outil biface (– 150.000 ans au moins) pour en faire un outil à tout faire dénote une technicité intellectuelle supérieure à la nôtre, car vous et moi, si nous réussissions un beau biface, nous le garderions tranchant pour dépecer le prochain gigot d’agneau. La technologie de base de l’épipaléolithique, le trousseau de petits outils obtenus par retouche de lames et lamelles, était aussi bien expliquée. J’ai moins apprécié que le néolithique (même pas sûr, c’est peut-être simplement quelqu’un qui cherche des vers blancs à croquer) ne soit évoqué que par l’image itérative d’un type accroupi grattant le sol avec hésitation.

Le métadiscours (je veux dire le commentaire insipide entrecoupé de mauvaises traductions des interviews) évoquait quand même un point fondamental : qu’est-ce qui fait que l’homme est homme ? La réponse, bien banale et dans l’air du temps, c’est l’empathie et le sens symbolique. Bien sûr, on confond symbolisme et idée de sacré, donc religion, mais passons : j’ai appris dans ma jeunesse que cette brute de Neanderthal enterrait déjà les morts (alors que les néolithiques les bouffaient encore parfois, nos contemporains aussi, d’ailleurs) au niveau – 40.000 ans, maintenant on fait remonter la pratique dix fois plus haut.

Les images banales de chimpanzés occupés à s’épouiller montrent que l’empathie existe aussi chez nos cousins non hominiens, mais il y a une idée qui n’a été exprimée qu’en filigrane : c’et la faiblesse de l’individu qui crée la société. Comme disait Pascal, « l’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant… » En fait, tout en montrant que les hominiens ont été contraints par les changements climatiques à affronter des biotopes inconnus, le docu ne va pas jusqu’à la conclusion qui s’impose : la différence entre les chimpanzés et gorilles d’un côté (98% de gènes communs) et les hommes de n’importe quelle sous-espèce, éteinte ou survivante, c’est que ces derniers ont parcouru doucement des milliers de kilomètres et changé de biotope ; l’individu ne survit pas, la société protège l’individu, d’où la vie non plus en clan (on peut en effet étendre la notion de famille à celle de clan chez les gorilles, les nasiques, les bonobos… mais aussi les sangliers et les éléphants, sinon ils s’éteindraient par endogamie), mais en société, avec les prises de décision mûries que cela comporte, donc la hiérarchie. Mais cela, on le savait au moins depuis La guerre du feu de Rosny aîné, 1904 ! Et Jean M. Auel, bien informée malgré son origine étatsunienne (mais elle a été formée en Périgord, par Jean Clottes), raconte la même histoire, même si c’est passablement gnan-gnan, dans sa saga des Enfants de la Terre.

 

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