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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 18:24
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Le mois dernier est paru un poche de Jean-Marc Irollo intitulé Histoire des Étrusques, 206 pages, chronologie, bibliographie, index, 8 € chez Tempus, une subdivision de Perrin. À ce prix-là, celui de cinq cafés à la gare de Lyon, vous ne pouvez pas vous en passer, d'autant qu'il contient tout ce qu'il faut pour affronter certains sujets possibles de partiel.

Vous n'y trouverez rien de bien original, mais plutôt une synthèse grand public des travaux qui font autorité depuis cinquante ans, et de plus récents, les uns et les autres avec garantie universitaire solide : Heurgon, Hus, Bloch, Briquel, Thuillier, Cristofani, Pallottino, Coarelli, etc.

L'auteur, qui travaille au Louvre et est toscan d'origine, consacre ses deux premiers chapitres à la découverte des Étrusques depuis la Renaissance italienne et à l'étruscomanie ; les suivants à la civilisation (avec une mise au point utile sur le prétendu matriarcat), à la religion, à l'art et à la disparition de cette civilisation sous le marteau-pilon romain… alors que les Romains lui doivent presque tout.

Je le contesterai sur quelques points, notamment la survie de l'art et des coutumes : suivant Ragna Enking (une historienne d'avant-guerre qui avait trouvé des points communs abusifs entre l'art pompéien impérial et les miroirs latins) et quelques notules sur le maintien de la religion étrusque sous Claude, voire chez Julien l'Apostat, l'auteur valorise abusivement des survivances d'une civilisation qui ne parlait plus guère sa langue.

Sur la durée du villanovien et son évolution vers l'orientalisant et l'archaïque, tout en affrontant les difficultés géographico-chronologiques qui font que les influences gréco-orientales arrivent de façon très décalée entre les métropoles de la côte (Tarquinia, Vulci, Caere), les derniers sites féodaux (Murlo, Acquarossa) et les colonies de Vénétie (Spina, Adria), l'auteur cède à quelques à-peu-près qui montrent simplement que les conclusions des scientifiques ne sont pas encore toujours et partout stabilisées.

On regrettera bien sûr qu'il n'y ait presque aucune illustration, à part les deux haruspices de la couverture, datées un peu bas à mon sens ; mais c'est un problème de coût : même des illustrations au trait, comme celles qui servent de culs-de-lampe aux Étrusques de Werner Keller chez Marabout, coûtent cher. Le livre que Briquel a fait paraître chez Armand Colin en 1993 aurait dû être davantage illustré si la volonté de l'auteur avait été respectée. Problèmes de l'édition industrielle…

Pour la lisibilité et la solidité de l'information (hormis les réserves ci-dessus), je suggère ce poche comme une bonne approche de la civilisation étrusque dans son ensemble au niveau licence.

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Published by - dans LC04
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