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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 19:59

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Résumé sur l’armée romaine.

 

1. Bref historique.

1.1. Il semble que le système féodal qui régnait encore en Étrurie au viie siècle ait privilégié les combats singuliers entre cavaliers ou chars de guerre : c’est ce qu’on appelle le combat homérique. Il cède la place en Grèce au viie siècle, en Italie au vie, alors qu’il demeure en Gaule jusqu’au iie.

1.1. Il semble que jusqu’au milieu du vie siècle av. J.-C. la bourgade de Rome n’ait fait qu’envoyer des missions de razzias chez ses voisins : ici la cavalerie pouvait provoquer la panique et les fantassins procéder à la razzia, rapportant moissons, bétail et femmes. On sait que les féodaux étrusques employaient des troupes professionnelles, genre de mercenaires, comme les condottieride la Renaissance. Mastarna, appelé à Rome Servius Tullius, était officier de l’une de ces troupes, au service de la ville de Vulci, à 120 km de Rome.

1.2. La réforme de Servius : vers 540/530 on attribue à ce personnage la création d’un régime d’enregistrement des citoyens selon leur fortune. Les plus riches combattent à cheval avec une armure lourde et forment avec l’infanterie lourde les deux premières classes de citoyens ; les autres se répartissent en quatre classes, armées de plus en plus légèrement ; ceux qui ne peuvent s’offrir aucun armement sont dits infra classem, inférieurs au recrutement, mais peuvent être enrôlés comme trompettistes, charpentiers et sapeurs.

Le principe : les citoyens ont le même statut dans la vie civile et à l’armée ; il s’agit des citoyens-soldats qui ne combattent que l’été. Ce système ne convient qu’à des guerres à courte distance. Du point de vue militaire, il correspond à l’adoption du principe de l’armée hoplitique où les fantassins ont le rôle principal, les cavaliers n’intervenant que pour l’espionnage (exploratores) et la poursuite (persecutio).

Dans la vie politique, il semble que le système du consulat dérive de la coexistence entre un maître de cavalerie et un maître d’infanterie. Ce dernier, sous le nom de dictateur, prend les décisions dans les situations graves.

1.3. Évolution du combat hoplitique : il semble qu’au départ les fantassins se soient divisés en trois lignes, hastati (armés de la lance), principes (armés du javelot et de l’épée) et triarii, qui combattaient en une série de combats singuliers. Mais ce système de trois lignes où la première se repliait derrière la deuxième et celle-ci derrière la troisième est simplement théorique et s’adaptait au terrain.

La guerre de siège, qui ne doit pas être antérieure à l’époque hellénistique (après 320), les combats navals, qui commencèrent avec la première guerre punique, exigèrent des adaptations. Les non-citoyens (affranchis) furent enrôlés comme rameurs en 215. Autour de 110, Marius créa l’armée de métier.

1.4. La réforme de Marius : elle part du constat que depuis 200 les soldats ne rentraient pas l’hiver mais restaient sur des lieux de combat lointains, Asie ou Afrique. Les citoyens assez fortunés pour acheter leur équipement n’étant plus assez nombreux, Marius embaucha des Italiens non citoyens, des affranchis, qui prêtaient serment et s’engageaient pour au moins 14 ans, mais percevaient leur armement et une solde. Bien sûr, la principale ressource restait le butin, qui était en principe converti en liquidités pendant la campagne et partagé ensuite.

1.5. Évolution du nombre de légions.  D’une époque classique, aux ive- iiie siècles, où chaque consul recrutait deux légions, soit 10.000 hommes, et des rameurs, cavaliers, archers, frondeurs… auxiliaires chez les alliés, on évolue vers cette armée de métier composée de huit, dix, quinze légions permanentes. Après les Italiens, César recrute des Gaulois puis des Germains. La citoyenneté romaine peut leur être accordée à la fin de leur service. Depuis 133 le nombre des vétérans qui s’accumulent à Rome est ressenti comme un grave problème social, et le sénat cherche à les éloigner en leur attribuant des lots sur les terres conquises : c’est l’une des sources de la crise sociale qui achèvera le régime républicain.

2. La légion au quotidien.

2.1. Les principes : le terme legio signifie choix, en français technique levée. Selon le principe républicain de départ, chaque citoyen déclarait ses biens au censeur, tous les cinq ans, et chaque année les consuls faisaient défiler les citoyens en âge (iuuenes, iuuentus) et choisissaient les plus aptes un par un. L’armée était alors convoquée aux portes de la Ville, au Champ de Mars, chacun avec ses armes et trente jours de vivres, mais le départ n’était pas donné tout de suite : il fallait d’abord entraîner les troupes, latin exercere, d’où le nom habituel d’exercitus. L’armée qui se mettait ensuite en marche prenait le nom d’agmen, littéralement  « la chose qu’on mène », et la ligne de bataille, le moment venu, prenait le nom d’acies, « la pointe ». À l’époque de César, Pompée put maintenir tout près de Rome plusieurs légions fraîchement recrutées, les « bleus » ou tirones, sous prétexte de les former : c’était un moyen de pression sur le sénat.

Les démobilisés (seniores) pouvaient en cas de danger s’armer dans la ville : c’était la levée en masse ou tumultus ; on y eut recours quand les Gaulois s’approchaient au ive siècle et encore à la fin du viiie quand Hannibal se fit menaçant. Un citoyen romain restait donc à disposition dans la réserve, et d’ailleurs les unités électorales, tribus et centuries, étaient divisées entre iunioreset seniores.

Encore au siècle, les généraux en campagne devaient solliciter du sénat le remplacement des disparus ou supplementum. IL semble que César se soit passé de cette formalité, mais de toute façon les légions romaines subissaient peu de pertes en raison du mode de combat.

2.2. Le quotidien : c’est une banalité, le fantassin marche beaucoup ; c’est même sa fonction principale. Il marche toujours en masse, à la fois pour impressionner les populations locales et pour assurer la sécurité. Mais si l’on reporte sur une carte au 1/1.000.000° toutes les marches et contre-marches de César en 54 ou 52, et si l’on fait le total avec un curvimètre, cela ne fait pas tant que ça : les légions partent de Gaule et non d’Italie, et se divisent pour l’Armorique, la Belgique ou l’Aquitaine ; au total, chaque légion aura parcouru dans les 6.000 km en neuf mois, soit 15 milles (22 km) par jour au grand maximum.

2.2.1. Détails de la marche : le légionnaire est chargé de son barda, outils de creusement, hache/pioche pour abattre les arbres, ration pour plusieurs jours, eau, armes, cuirasse, casque, etc. Soit 40 kg, ce qui interdit de dépasser les 4/5 km/h. Mais le plus souvent les équipements lourds sont placés dans les impedimenta de chaque légion, et comme il faut construire le camp le soir, les pabulatores, aquatores et lignarii, chargés d’aller chercher le fourrage, l’eau et le bois, sont en tête de colonne. Les exploratores à cheval s’assurent que l’itinéraire est sûr. D’autres cavaliers protègent les flancs. S’il faut compter en terrain normal 15 km de long pour une seule légion, ceux qui partent en dernier auront eu le temps de nettoyer le camp précédent et la tête de la colonne de construire le camp suivant.

Dans certaines opérations, il faut aller plus vite : on ne prendra donc que le minimum de bagages, et la legio expedita marchera plus vite, mais l’intendance suit et précède. Lors de la marche sur Gergovie et de la retraite, par exemple, César avait laissé une partie des bagages, chevaux et bœufs, et le butin, sur la Loire moyenne, sans doute à Nevers, sous la garde d’une légion. Mauvaise idée, puisque les Gaulois s’en empareront.

2.2.2. Le camp : celui que représente Silvio Luccisano au début de son Alésia est exemplaire, mais le plus souvent le camp s’adapte au relief, ou reprend des fortifications existantes (un exemple remarquable est Hambledon Hill, dans le Dorset, où Hadrien a utilisé l’angle d’un oppidum de l’Âge du Bronze). Si rien ne s’y opposait, on y restait plusieurs jours, et on pouvait toujours le réoccuper plus tard.

Cette remarque vaut pour les campagnes de conquête mais pas pour les camps d’occupation : on repère encore de nombreux camps d’un hectare ou moins qui servaient à maintenir des garnisons de l’ordre d’une ou deux cohortes.

2.2.3. Le combat : il n’est jamais improvisé ; les troupes construisent un camp en haut d’une pente, face à l’ennemi, à portée de vue mais au moins à deux ou trois km. Une bataille rangée commence par la mise en place des lignes, qui peuvent s’étendre sur plusieurs km. L’état-major reste à l’arrière, à cheval, et les ordres sont transmis par des cavaliers ou à la trompette. C’est, normalement,un seul homme qui décide où placer les troupes les plus aguerrie, où disposer les ailes de cavalerie, les secours, la réserve ultime. La tactique romaine consiste à envoyer à la course une première ligne qui va tuer un maximum d’ennemis à la lance, appuyée d’archers auxiliaires et de frondeurs ; quand le corps-à-corps s’engage, les troupes se forment en manipules, répartis en quinconce, de manière que la première ligne se replie dans les intervalles de la deuxième.

La tactique romaine permet de percuter l’ennemi sans subir trop de pertes, grâce au bouclier rectangulaire et courbé comme une tuile qui protège le corps ; une fois la première ligne ennemie décimée par les lances, les manipules continuent le massacre à l’épée, et les cavaliers se lancent à la poursuite des fuyards : cette tactique explique les nombres incroyables donnés par les historiens lors de certaines batailles,  par exemple à Magnésie du Sipyle en 191 : 48.000 Syriens et alliés abattus pour 24 Romains ! C’est exagéré, mais pas énormément.

Les batailles entre Romains, lors des guerres civiles, seront forcément plus meurtrières puisque les armées opposées appliquaient la même tactique. Mais déjà Vercingétorix avait, suite à un stage probable comme otage arverne dans l’armée de César, réussi à faire en partie admettre la tactique romaine aux Gaulois.

 

3. Le statut du soldat en fin de campagne.

3.1. Le partage du butin : comme on l’a dit, il était centralisé, vendu aux commerçants qui suivaient l’armée, et réalisé en liquide ; les métaux étaient refondus pour fabriquer de la monnaie (on a plusieurs coins monétaires des années 54/51 en Gaule), ce qui signifie que César avançait la solde, normalement réglée seulement en fin de campagne. Il fallait aussi acheter les fournitures que la légion ne pouvait pas produire, grains, charronnerie, bétail, chevaux… L’armée n’était pas toujours auto-suffisante.

3.2. La démobilisation : à part les morts et les blessés graves, les soldats ne quittaient l’armée qu’à la fin de leur engagement, et pouvaient parfaitement rempiler (ils étaient appelés euocati) avec un grade supérieur. Les grades étaient assez simples : décurion (caporal), centurion (adjudant), centurion primipile (capitaine), tribun militaire (commandant ou chef d’escadron), les officiers supérieurs ou legati n’étant pas sortis du rang, mais issus de la noblesse romaine et généralement en début de carrière politique.

Les démobilisés recevaient le rudis ou épée de bois symbolique, éventuellement une couronne de chêne s’ils avaient commis un acte honorable, et les privilégiés, ou les mieux en cour, pouvaient recevoir une parcelle dans une colonie, ou une magistrature locale, ou simplement une prime. De rares centurions, dont des Gaulois, furent nommés sénateurs par César, mais c’est l’exception ; on connaît en revanche, par les stèles funéraires, de nombreux Gaulois devenus citoyens romains, qui prirent tous le nom de C. Iulius et exercèrent des fonctions municipales ou devinrent entrepreneurs, commerçants…

 

N.B. Les articles Wikipédia sur l’armée, la légion, etc., en raison de la pluralité de rédacteurs, comportent des contradictions, des imprécisions et des erreurs assez graves. Ils restent utilisables (une centaine de pages en tout, avec des répétitions), mais à utiliser avec prudence.

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Published by - dans LC02
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