Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 18:43

Version:1.0 StartHTML:0000000105 EndHTML:0000008247 StartFragment:0000002352 EndFragment:0000008211

Précisions sur l’année 509 et les suivantes.

 

Je me suis replongé ce matin dans l’ouvrage d’Eugen Cizek, Mentalités et institutions politiques romaines, publié en poche par Hachette en 96. Malgré les nombreuses erreurs et assertions arbitraires de cet auteur, cette relecture m’a suggéré quelques compléments et hypothèses à discuter.

1. L’année 509, suivant les sources, n’aurait pas vu quatre mais cinq consuls ! car avec Brutus, c’est Collatin qui aurait formé le premier couple. On connaît la suite : Collatin prié de s’exiler à cause de sa famille, Brutus tué au combat, Lucretius mort de vieillesse, et finalement P. Valerius Poplicola et M. Horatius Pulvillus pour terminer l’année et consacrer le temple capitolin. On a donc « bourré » cinq consuls dans la première année de la magistrature, ce qui sent la supercherie.

2. Un couple Horatius/Valerius occupe (c’est encore assez peu vraisemblable) en 449, après une seconde fondation de la république suite au régime des décemvirs (épisode de Virginie, qu’on commentera bientôt). À mon avis, ce couple a lui aussi été interpolé à partir de celui qui dédicace le temple reconstruit en 304.

3. Dans les Fastes, malgré des divergences entre Tite-Live et Denys d’Halicarnasse qui ne suivaient pas les mêmes sources, entre 509 et 493, sur 34 postes théoriques, 11 noms occupent la magistrature deux fois, il y a six dictateurs, et Paul-Marius Martin, dans son énorme thèse, estime qu’en ajoutant les consuls, les censeurs et les maîtres de cavalerie, soit 46 postes, il y en a au moins 26 d’interpolés ; et interpolés d’après les listes postérieures à 449, ce qui indiquerait que le consulat n’ait été créé vraiment que cette année-là.

D’ailleurs Salluste, historien antérieur de 20 ans à Tite-Live, ne parle pas de consuls, mais de titulaires d’imperium ou commandement militaire.

 

À partir de cela, Cizek émet, en accord ou non avec Martin, quelques hypothèses de détail :

4. Le premier pouvoir « non-royal » après Tarquin II (en fait III ou IV, parce qu’il est impossible que cette dynastie, authentique, n’ait envoyé au pouvoir que deux personnes, chacune pour 35 ans environ) serait celui de Brutus seul, gouverneur étrusque ; ensuite Porsenna, même sans avoir pris la ville, y aurait instauré un protectorat à la tête duquel aurait toujours été le maître de l’infanterie, magister populi, nommé plus tard « dictateur ». Dans le cas d’un couple avec le maître de la cavalerie, le premier était prépondérant, comme il est normal puisque l’infanterie était décisive dans les batailles. Les noms étrusques qui apparaissent dans les listes, comme les Larcii (avec le prénom Spurius, qui est étrusque), appartenant à des familles qui ont ensuite disparu, seraient des maîtres d’infanterie ou de cavalerie authentiques, mis à la tête de Rome et du Latium par les Étrusques, qui ne disparaîtront vraiment qu’après 474 comme l’a montré Raymond Bloch.

5. Les magistri peuvent s’être appelés praetores (= ceux qui marchent à la tête des troupes) ou praesules 5 (= deux qui siègent en tête), avant donc qu’on crée le titre de consuls (= ceux qui siègent côte à côte), en 449 ou 445.

6. Valerius Publicola serait le successeur de Brutus, gouvernant au nom de Porsenna, et son surnom pourrait signifier « maître de l’infanterie ». Une inscription archaïque de Tusculum prouve en tout cas son existence (en capitales : P VALESIOSIO SODALIVMQ, « à Publius Valerius et ses compagnons d’armes ».

7.  L’idée d’une élection par le peuple, réuni en comices centuriates, est illusoire : les magistrats nommaient leurs successeurs, le sénat et les comices n’avaient à l’époque qu’à confirmer leur choix. Il en irait de même pour les tribuns de la plèbe, dont la date de création (494/493) serait authentique selon Cizek, ce que je n’admets pas pour les raisons que nous verrons.

Partager cet article

Repost 0
Published by - dans LC04
commenter cet article

commentaires