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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 20:00

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Cinq Alésias pour 14,10 €

 

… ou un peu plus, je n’ai compté que les péages sur l’A6 et l’A39 entre Avallon et Poligny.

On peut en une petite journée voir quatre sites proposés pour la fameuse Alésia-la-bataille (ce qui n’exclut pas que d’autres lieux aient porté le nom, qui désigne simplement un endroit escarpé : Falaise, Palaiseau, Alès, Alaise de Franche-Comté, Felsen de Bavière et bien d’autres).

Le plus instructif est de les prendre du NW au SE, on verra que plus on s’éloigne de la région parisienne, plus ça monte, plus les sites deviennent vastes et plus ils deviennent difficiles à prendre d’assaut… voire impossibles.

En premier, Guillon : fantasme obsessionnel d’un nommé Bernard Fèvre, qui n’était pas archéologue du tout, et qui croyait découvrir des « murs-frontières » gaulois un peu partout, en partant de Montbard. J’aimais bien ce brave homme, surtout parce qu’à chaque congrès où il essayait de s’exprimer les archéologues officiels le traitaient comme un fou. Une fois qu’il s’était fait démolir de façon plus cruelle que d’habitude, à Sens, j’avais déjeuné avec lui et lui avais suggéré, puisqu’il avait des murs épais sur ses collines, de les fouiller comme il faut, en décapant sur un mètre de large jusqu’au sol vierge, cinq mètres à l’extérieur et autant à l’intérieur, et de démolir le mur jusqu’au banc calcaire, en prélevant le moindre morceau d’os, de fer, de céramique… ce qu’il n’a jamais fait.

On voit bien le site depuis l’aire de Maison-Dieu sur l’A6, mais en remontant de Dijon à Paris ; ce sont deux collines jumelles, le Montfault et la Montagne de Verre, un peu pentues, dans les 250 à 300 m d’altitude, et l’on remarque surtout l’absence totale de collines d’élévation équivalente autour, ce qui élimine le site d’office. En plus il n’est pas géographiquement conforme au texte de César, il est trop petit, pas assez pentu, etc.

Si l’on vient de région parisienne, quitter l’autoroute à Avallon, tourner à gauche après la sortie, il est possible de passer au pied des collines par une route goudronnée à l’ouest, et à l’est par des chemins de terre en bon état. Au passage, on peut visiter Avallon, Ancy-le-Franc et Montréal, sites médiévaux appréciables.

De là, soit on regagne l’autoroute, soit on gagne Semur-en-Auxois par la route (la ville médiévale mérite largement le détour, et il y a en été quelques terrasses intéressantes, avec modération). Puis Venarey-les-Laumes et de là, direction Dijon : à droite, on gagne Flavigny-sur-Ozerain, village médiéval, ses sucreries à l’anis fabriquées autrefois pas les moines, belle vue sur Alise : selon le dogme, c’était l’observatoire de César.

En allant tout droit, on voit d’abord un immense fromage de Langres entouré d’un paillage de bois, c’est le Centre d’Interprétation, ou Muséoparc, ou Disneyland : fausses fortifications, combats de Romains et de Gaulois avec des épées en PVC, et à l’intérieur une scénographie bourrée d’erreurs et de bien-pensance dogmatique. Le tout bâti aux frais des contribuables régionaux, mais tenu par une société commerciale.

On peut gravir les rues assez raides du village, aller se prosterner au pied d’un Napoléon III de bronze et de 6,60 m, affublé d’une cuirasse de l’Âge du Bronze et d’une épée mérovingienne, admirer une petite ville romaine dont les bases de murs ont été beurrées d’un très esthétique ciment gris, mais aussi longer les falaises du flanc SE et se retrouver à la voie ferrée. De là, on voit distinctement jusqu’à la Croix St-Charles une pente douce, impossible à défendre par une armée en pleine débandade : César n’aurait jamais jugé, en faisant le tour du Mont Auxois, qu’il fallait s’installer tout autour à grand’peine plutôt que de l’enlever du premier assaut.

Les vallées tributaires de l’Armançon sont à 350 m , et le plateau à 450.

Le prospectus publicitaire qu’on trouve partout en Bourgogne vante les animations, le restaurant (le Carnyx) qui propose des menus rapides en self et, paraît-il, de la cuisine gauloise (pour cela, aller plutôt à Bibracte, c’est moins clinquant et les repas gaulois ont été concoctés par une archéologue/cuisinière du CNRS) ; mais aussi des visites intéressantes à 10, 20, 40 minutes : le parc zoologique de l’Auxois, les forges de Buffon, l’abbaye de Fontenay, le musée de Châtillon-sur-Seine.

Poursuivons par l’autoroute : après Beaune, on tombe dans la morne plaine de Saône, on traverse cette rivière qui fait ses cent bons mètres de large en toute saison, puis le Doubs et la Loue. Certes, par la route, Auxonne et Dôle, on comprend mieux que la bataille de cavalerie était bien placée entre Saône et Doubs, mais on n’avance pas, c’est bourré de poids lourds, de moissonneuses-batteuses en juillet, et de radars en tout temps. Donc, sortons à Poligny.

De là, si l’on prend vers le nord, on arrive à Arbois (pour les amateurs, s’arrêter au caveau de Vauxelle à Montigny-les-Arsures, on y trouve les meilleurs vins du Jura à mon avis). Ne pas aller jusqu’à Salins, mais tourner à droite à Marnoz vers Pretin et Bracon : on aura à droite le Mont Begon, 631  m, qui se trouve dans la même situation que Flavigny-sur-Ozerain par rapport au Mont Auxois ; puis le bois du Chaumois d’Amont, traversé par un « Chemin de la Mort » qui prolonge un « Champ de la Bataille » – mais ces toponymes ne révèlent rien à eux seuls ; et toute une série de collines qui montent vers Ivory (où je recommande, souvenir et non pub, la fruitière qui produit un comté exceptionnel). À gauche, on aura tout l’oppidum : de Château, où Piroutet avait fouillé un site hallstattien et où, actuellement, un archéologue peut fouiller tranquillement des murs médiévaux, au fort Saint-André, avec entre les deux la Côte Chaude qui culmine à 620 m. On verra que l’oppidum, qui ne présente aucun point faible, possède un point de surveillance à chaque extrémité et suffisamment de place pour loger une armée.

En contournant Salins par l’est et le nord, on trouvera des observatoires à Clucy, au fort Belin, et surtout au signal du Mont Poupet, à 860 m. Plus au NE, on pourra pousser jusqu’à Alaise, où le village protohistorique se visite (mais le site est bien trop petit pour prétendre, comme le fit jadis Pierre Jeandot, qu’il puisse représenter Alésia ; en revanche, la vue sur la Loue est vertigineuse).

Pour mémoire, d’Alaise à Besançon, il n’y a qu’une vingtaine de kilomètres ; et à Besançon, au moins, on est sûr que César est passé.

Salins, Arbois, sont sur le Revermont qui est le pli hercynien le plus occidental du Jura. Pour aller vers Champagnole, on devra grimper un autre pli plus modeste, la forêt de la Côte de l’Heure, au niveau de Montrond, Andelot, mais les vraies difficultés commencent après Champagnole, car on va atteindre le Haut-Jura  avec sa chaîne qui culmine au-dessus de 1.200 m : Morbier, Saint-Claude, Morez, Les Rousses, Prémanon, villes resserrées entre de vraies montagnes et stations de sports d’hiver. Les routes qui redescendent vers la Suisse (lacets de Septmoncel, col de la Faucille à 1.340 m[1]) sont spectaculaires. Jusqu’à la fin du Moyen-Âge, elles n’existaient pas : seuls les mulets passaient. On ne voit ni comment, ni surtout pourquoi, César aurait eu l’idée de faire passer dix ou onze légions par le verrou de Chaux-des-Crotenay pour redescendre vers Nyon (qui n’existait pas) et Genève. Il faut une lecture extrêmement perverse du texte pour oser seulement suggérer cette hypothèse impossible.

Quant à la montagne de Chaux-des-Crotenay, elle s’élève brutalement au bout de la plaine de Syam, aux sources de l’Ain, jusqu’à 843 m à l’Entre-deux-Monts. 300 m de dénivelée et de part et d’autre de ce bloc énorme, deux torrents et une seule route aménagée par Napoléon Ier, à grands efforts et remblaiements. Les reliefs rendent impossible toute attaque dans les vallées, le contour de la montagne exigerait une circonvallation gigantesque  qui ne pourrait  en aucun cas bloquer l’arrière de l’oppidum, sur lequel les occupants peuvent d’ailleurs toujours s’échapper par Saint-Laurent-en-Grandvaux. Les camps bâtis sur les plateaux ne serviraient à rien. En un mot, pour qui a simplement fait le tour du site, il ne peut relever que du fantasme.

Et pourtant c’est ce site qui fait une telle publicité dans la presse écrite, à la télévision et sur la toile, qu’on ne parle que de lui. Et que les partisans d’Alise se croient obligés de contre-attaquer à coups d’arguments tout aussi ressassés que ceux de l’équipe adverse. Or nous avons, d’un côté, le fanatisme aveugle mais bruyant, de l’autre un dogmatisme tout aussi aveugle mais qui sait se vendre. Il semble que les universitaires des deux bords auraient mieux à faire en retournant aux bases de leur métier : regarder autour d’eux, élaborer des problématiques et étudier de manière critique l’ensemble des hypothèses.

D’un côté le quo non ulterius[2] du bidonnage, de l’autre celui du fanatisme. Credo quia absurdum à l’est, magister dixit à l’ouest. Et au milieu ?

J’avoue qu’après en avoir longuement refait le tour pas plus tard qu’hier, avec le texte de César en tête (et dans la voiture, en cas de doute), je n’ai pas trouvé un seul argument dirimant contre le plateau de Salins. Dommage qu’il n’y ait aucun objet archéologique ! Mais ce n’est sans doute pas un hasard si dans les années 50 le musée local a été dépouillé de ses collections archéologique, d’ordre supérieur, m’a-t-on dit sur place.



[1]. On objectera que le Petit-Saint-Bernard est bien plus haut… mais la vallée de la Tarentaise, passé un défilé entre Moûtiers et Aime, est constamment large et la pente, même en amont de Séez, plutôt douce. Et là, au moins, on peut suivre la voie romaine à pied, à cheval ou en 4x4.

[2]. Formule que je préfère à nec plus ultra : le sens est identique, mais au moins la mienne est du vrai latin !

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commentaires

Thierry Teinturier 06/01/2015 10:19


M. Adam, vous avez une façon de biffer les hypothèses sur les sites d'Alésia..... qui me sidère, je l'avoue !


_______________________________________________________________________


 


M. Jaouen, je ne dis pas que je ne crois pas en Syam-Chaux, je dis qu'il y a des choses que je n'arrive pas à comprendre. Il en est de même pour moi envers Guillon et Salins.


J'ai toujours regretté l'absence d'auto-critiques chez ceux qui défendent une thèse sur la localisation géographique d'Alésia. J'ai fait l'auto-critique de Guillon, elle n'aparaît pas en entiert
dans mon pensum qui est à refaire, mais je suis resté neutre. Je la présentera ici un jour, cela tient en quelques lignes. Où est l'auto-critique chez ceux qui préfèrent Syam-Chaux? Où est
l'auto-critique chez ceux qui défendent Salins ?  Alors je dis que ce n'est pas objectif. J'emploie plutôt aujourd'hui les termes ''de critiques objectives'' lorsque je décortique
l'hypothèse de Guillon. J'aimerai bien qu'il en soit de même chez Mme Porte par exemple, mais je ne peux pas dire que je lis ou entends chez elle d'interrogations contrariantes et objectives dans
la présentation de son site préféré. 


Mon message précédant celui-ci n'est pas complet, et il est bien trop simplifié concernant le court-circuitage de la plaine de Syam si on veut assiéger Chaux. J'y reviendrai. Je vous ferai part
de mes questions concernant cette hypothèse, car bien sûr, cela n'est pas limité à la facilité, à mon avis, de couper cette plaine en deux, au minimum, le Sud étant sous contrôle romain, le Nord
étant bien trop étroit pour que des assaillants puissent faire grand-chose. mais bref, ce sont plus des interrogations que des assertions !


Après quarante années à crapahuter dans les campagnes des sites proposés : dans l'ordre chronologique de ma vie : Alise, Alaise, Salins, Syam-Chaux, Guillon, Châteaurenard, Luzy, Novalaise,
Isernore et Blannay-Sermizelle, et à lire les hypothèses écrites - quand il y en a -, je ne sais pas quel site peut être le bon, mise à part, quand même !!, une préférence pour Guillon donc. Et
je sais fort bien que je ne saurai jamais où est Alésia, sauf découverte majeure, incontournable et fortuite bien sûr.

Thierry Teinturier 05/01/2015 12:40



M. Jaouen, suite de votre post que je reproduis ci-après (en soulignant ce qui m'interpelle),


 


C'est simplement pour vos lecteurs que je vais repréciser ici que le plateau de Chaux des Crotenay est aussi difficile à prendre qu'il est simple à assiéger
puisque le relief même qui le protège... en limite les portes de sorties possibles: César pouvait donc en verrouiller les accès à peu de frais en
coupant les quelques passages et en tenant les hauteurs qui ceinturaient l'oppidum, "équivalentes à la sienne", comme aurait dit le proconsul. Quant à rejoindre Genève en fin d'été, pour
celui qui à fait traverser les Cévennes à ses légions en plein hivers en creusant le chemin dans la neige, où est le problème?


 


c'est bien parce que la plaine  du site de Syam-Chaux est littéralement enclavée et ensérée entre des hauteurs, avec un unique couloir d'accés au nord, qu'il était si facile à César
d'obstruer l'accès à cette plaine et d'en interdire toute entrée à l'ennemi, que j'ai fortement douté que ces lieux puissent être ceux d'Alésia lors de ma première visite en 1983. Je suis
retourné plusieurs fois à Chaux et dans cette région. Région magnifique où je n'ai que de bons souvenirs d'accueils simples et sumpathiques. Idem pour Alaise d'ailleurs ! (Bonjour M. Courlet si
vous lisez ces lignes !)


 


Vous employez les termes de ''stratégie militaire'' dans un autre post confrontant sur le site d'Alise, site officiel auquel je ne crois plus, comme vous, après m'y être baladé avec plaisir
pourtant durant tant d'années. Ma première balade à Alise doit dater de l'été 1967 je pense, si mes souvenirs sont bons et j'avais pris le train depuis Paris où j'étais apprenti, et ma dernière
de l'année passée. Comme quoi j'aime toujours ces camapgnes et le mont Auxois idem, même si je n'y crois plus !


 


Ainsi, dans un pur point de vu de ''statégie militaire'' comme vous l'écrivez, j'ai toujours du mal aujourd'hui  à croire que César n'ait pas court-circuité cette plaine si facile à
obstruer. Plus d'accès à la plaine, plus de possibilité de batailles dans la plaine.


 


Je suis donc toujours dubitatif à propos de cette hypothèse - que je pas rejetté malgré tout comme je ne rejette pas l'hypothèse de Salins, pas plus celle, bien oubliée aujourd'hui, d'Alaise (
je suis qui pour rejetter une hypothèse ?)  mais mon dernier séjour à Chaux avec en mains l'ouvrage très précis de M. Berger,  m'a plutôt conforté dans mes interrogations sans
réponses sur la facilité pour César de tout bloquer, et le fait évident qu'il ne l'a pas fait si Alésia est le rocher de Chaux, ce qui n'est pas cohérent. L'ouvrage de M. Berger est clair,
plaisant, bien construit avec cartes en couleurs. C'est un ouvrage plus simple à saisir que les deux bouquins très denses de Mme Porte je trouve, je veux dire le premier avec la couverture noir
et le deuxième avec une couverture verte ( et chers ! non d'un petit bonhomme ! )


C'est justement avec l'ouvrage de M. Berger que j'ai toujours la navrante impression que ce site ne me satisfait pas. Et pourtant, si ce n'était que pour vous faire plaisir, j'adhérerais
volontier à cette hypothèse opposée à celle d'Alise, mais je n'y arrive pas vraiment. Et le papier de M. Adam paru à la Revue archéologique de l'Est il y a un bout de temps aujourd'hui,
intitulé ''Une nouvelle Alésia comtoise'' si mes souvenirs sont bons car je ne l'ai pas sous les yeux, papier réfutant l'hypothèse de Chaux avec des arguments pointus, me semble toujours
difficile à contrarier. Mais bref... Nous débattons, c'est sympathique, du moment qu'on échange dans la bonne humeur ; et je le répète, je ne récuse aucune hypothèse, enfin je veux dire celle
de Salins et celle de Syam, même si j'ai une préférence pour celle de Guillon. Après tout, ce n'est qu'une ''petite préférence'' !


Cordialement. 



Commentaire n°1 posté par Yannick Jaouen le 02/08/2014 à 11h47

Thierry Teinturier 05/01/2015 11:20


Je réitère mes regrets, M. Adam, comme je l'ai fait hier sur une des autres pages de votre blog, d'avoir été, ci-dessus. un peu trop agréssif. Je me répète, mais il était plus utile et surtout
logique d'ajouter, à la suite de ma petite colère ci-dessus donc, mes excuses. Je n'ai pas quitté des forums ( fora ?) où il y avait trop d'agressivité et d'ostracisme pour être moi-même à la
limite de ce que je dénonce ailleurs. Et puis nous nous connaissons depuis quelques années maintenant. Votre blog est unique. 


______________________________________________________________________


 


 

Thierry Teinturier 25/12/2014 11:36


A propos
de votre texte sur M. Fèvre et Guillon  ''En premier, Guillon : fantasme obsessionnel d’un nommé Bernard Fèvre, qui n’était pas archéologue du tout, et qui croyait découvrir des
« murs-frontières » gaulois un peu partout, en partant de Montbard. J’aimais bien ce brave homme, surtout parce qu’à chaque congrès où il essayait de s’exprimer les archéologues
officiels le traitaient comme un fou. Une fois qu’il s’était fait démolir de façon plus cruelle que d’habitude, à Sens, j’avais déjeuné avec lui et lui avais suggéré, puisqu’il avait des murs
épais sur ses collines, de les fouiller comme il faut, en décapant sur un mètre de large jusqu’au sol vierge, cinq mètres à l’extérieur et autant à l’intérieur, et de démolir le mur jusqu’au banc
calcaire, en prélevant le moindre morceau d’os, de fer, de céramique… ce qu’il n’a jamais fait. etc'', je vous rappelle ceci :


1,
 Si M. Fèvre avait été archéologue, il n'aurait jamais eu d'autorisations de fouilles de toutes façons, pas plus que vous, archéologue de formation pourtant, n'en obtenez pour des lieux que
vous aimeriez bien fouiller.


2, La
plupart des personnes qui se sont opposées naguère, et celles qui sont  opposées aujourd'hui à la thèse officielle ne sont ''archéologues'' sauf  feu M. Berthier qui, lui, l'était. Il
était inutile de souligner l'absence de qualité d'archéologue de M. Fèvre, comme si cet homme avait été un cas rare.  


3, Aucune
étude n'a été faite sur les structures en pierre sèche que M. Fèvre nommait ''murs-frontières'' ( celtiques pour lui ), Vous avez la même imprudence que lui en donnant un avis sur ce qui n'a pas
été étudié, et qui ne le sera probablement pas avant très longtemps, sinon jamais. 


4, Vous
savez fort bien que quiconque fait des fouilles sans autorisation tombe sous le coup de la loi. M. Fèvre, ''obséssionel'' peut-être, mais homme honnête, n'aurait jamais fait ce que vous lui avez
suggéré.  


5, Le site
de Guillon est une hypothèse. Elle est intéressante, ou non, selon les uns et les autres. Dans ce sens, elle est aussi intéressante que celle de Salins qui a votre préférence. Il y a à Guillon
autant de problèmes qu'ailleurs, il n'y a pas de site parfait - César ne précise pas qu'il y a deux collines séparées, ce qui est le cas du site de Salins -, et c'est bien vous qui avez écrit
dans un papier édité par la R. A. E, que Guillon entrait tout à fait dans la géographie des mouvements de César durant l'année 52. J'ai lu sous votre plume que la colline double de Guillon avait
un aspect tout à fait saillant ; c'était même une surprise pour vous. 


Contrairement à vous et à beaucoups - les tenants des sites de Syam par exemple, je n'ai aucun avis arrêté, aucun parti-pris pour tel ou tel site et pas plus pour celui de
Guillon. Je vous rappelle, pour terminer, mon email où je vous faisais part de mon  étonnement,  dans votre réfutation du site de Syam-Chaux (R.A.E) : vous précisiez à l'absence, chez
César, de termes latins qu'il aurait pourtant dû, selon vous, employer pour décrire le haut rocher de Chaux : editissimo, altudissimo, etc. Un étonnement justifié car le site de Salins les Bains
que vous défendez est bien plus élevé encore. Cette observation du latiniste que vous êtes peut donc être oppoée aux deux sites.     


Cordialement.

Yannick Jaouen 02/08/2014 11:47


C'est simplement pour vos lecteurs que je vais repréciser ici que le plateau de Chaux des Crotenay est aussi difficile à prendre qu'il est simple à assiéger puisque le relief même qui le
protège... en limite les portes de sorties possibles: César pouvait donc en verrouiller les accès à peu de frais en coupant les quelques passages et en tenant les hauteurs qui ceinturaient
l'oppidum, "équivalentes à la sienne", comme aurait dit le proconsul. Quant à rejoindre Genève en fin d'été, pour celui qui à fait traverser les Cévennes à ses légions en plein hivers en creusant
le chemin dans la neige, où est le problème?


Cordialement