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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 21:18

N.B. : j'envoie les Suisses parce que j'ai dû prêter les Belges à quelqu'un, à moins qu'ils ne soient dans mon casier à Malesherbes. Peu importe, il y a déjà beaucoup à apprendre de ce chef-d'œuvre.

 

 

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Astérix chez les Helvètes : synopsis.

 

Cet album, paru en 1870, est le seizième de la série. L’art de Goscinny et Uderzo est à son meilleur niveau et ils peuvent tout se permettre, y compris des changements de plans complets d’un numéro à l’autre de Pilote, puisque désormais tous les habitués attendent la sortie de l’album avec impatience.

 

Les deux premières pages sont consacrées au développement d’un running-gag désomais bien connu : le chef désarçonné de son pavois. P. 5 : case sur ½ page, place du village en vue plongeante, voix off du chef qui chasse ses porteurs. Explicatoin des porteurs : ils se sont penchés en arrière pour contempler le ciel à l’instigation du chef. Sortie d’Abraracourcix qui nomme A. et O. porteurs de chef. P. 6 : cinq cases pour montrer le chef en déséquilibre à cause de la différence de taille des porteurs, devant le forgeron et le poissonnier hilares. Le chef aurait l’impression d’être un demi-chef s’il n’avait qu’un porteur, et cependant il part à la fin tenu par le seul Obélix, qui avait depuis la p. 5 un chiffon blanc pour essuyer un menhir : Obélix, tel un garçon de café, « sert un demi ».

 

P. 7. Changement de tableau, scène d’orgie chez le gouverneur de Rennes : personnages avachis, femmes outrageusement fardées, danseuses obèses à contrejour sur fond de feu, c’est explicitement un démarquage du film de Fellini, FelliniSatiricon, sorti en 69, de La città delle donne du même, de 67, et de la fameuse Grande Bouffe de Marco Ferreri, dont les héros se suicident à force de manger et boire. L’emprunt (« c’est Fellinus, le fameux traiteur romain, qui organise mes orgies ») n’est pas dissimulé. En regardant bien, on aperçoit le héros ambigu de Fellini, Encolpe, et le mignon Giton… et Goscinny sous les traits d’une femme maquillée de pourpre. Les recettes (tripes de sanglier frites dans la graisse d’aurochs, confiture d’épluchures de saucisson…) sont librement démarquées du livre de recettes d’Apicius. Autre thème qui servira en Helvétie : les convives exigent que la vaisselle soit sale.

 

Coup de théâtre, on annonce un visiteur, et Garovirus (énorme et la synthesis couverte de taches) se lève difficilement. P. 8 : autre salle du palais, avec une statue de Cupidon dansant, en jupette (à peu près la même qui n’avait rien à faire dans un autre album). Le percepteur, une caricature de juif, apporte l’argent des impôts : amendes, strationnement payant, péages des voies romaines, redevance pour avoir le droit d’écouter les crieurs publics =, en France de l’époque, le stationnement payant qui s’installait à Paris, les péages d’autoroutes et la redevance audiovisuelle, dont se plaignaient les citoyens. Garovirus partaage le butin : un coffre pour lui, un sac pour son complice et trois pièces d’or pour le trésor public ; les promagistrats romains avaient un an pour se payer de leurs campagnes électorales au détriment des provinciaux, ce que proclame Garovirus, mais le thème était de circonstance après 68, quand plusieurs hommes politiques français et italiens furent convaincus d’enrichissement illicite (litote !).

 

P. 9 : extérieur jour, un bige arrive devant le palais. Le garde mal rasé annonce à Garovirus, qui danse avec les quatre grosses femmes de la p. 7, le questeur, magistrat chargé de contrôler les comptes (qui, en fait, était rattaché à une armée, ou demeurait à Rome). Le questeiur Malosinus, qui ressemble à un ministre dépourvu d’humour de l’époque, Jean Royer, fait sortir les convives, dont un a depuis la p. 7 la tête dans une amphore.

 

P. 10. Le questeur, accompagné d’un centurion roux et barbu (où l’on peut voir le précepteur de Néron chez Racine, Burrus, dont le cognomen signifie précisément « roux » en grec), demande un bouillon de légumes (bande 1) ; passage en cuisine : Garovirus commande le bouillon au cuisinier interloqué, puis plan serré et zoom avant sur les mains du préteur, qui ouvre une bague pleine de poison (authentique).

 

P. 11. Le questeur, après avoir exposé ses griefs, va se reposer ; on annonce qu’il est malade. « Déjà ? », s’écrie Garovirus endormi. L’âme damnée de G., dissimulé derrière une colonne, vu à contrejour, s’interroge sur les médecins de la garnison. G. lui affirme qu’ils sont plus meurtriers qu’une légion.

 

P. 12. Fond : le palais, décor de peintures dorées dans le troisième style pompéien. Quatre médecins, dont un la tête dans une amphore, font irruption dans la chambre du questeur. Ils se disputent à la façon de ceux de Molière, et en partie dans ses termes, jusqu’à ce que Malosinus les chasse.

 

P. 13. Garovirus les remmène pour un nouveau banquet de boudin et de cous de girafe farcis ; « avec du miel ?! », s’écrie l’un des médecins, sortant la tête de son amphore (c’est la même réplique sur laquelle se terminait la p. 8). Malosinus a pris prétexte d’une offrande à Apollon, père d’Esculape, et Garovirus en profite pour reprendre le banquet en oubliant l’offrande (il dira plus loin qu’il a laissé « un gros morceau de boudin d’ours » pour le dieu). En fait, Malosinus envoie son garde chercher Panoramix, « un druide dont parle César pendant ses crises d’épilepsie ».

Le lieu commun de l’épilepsie de César ne repose que sur une phrase de Suétone. Il semble que Goscinny, à l’époque, ait pris soin de multiplier les sources antiques (Apicius, par exemple, plus haut).

 

P. 14. Arrivée du garde loyaliste devant Panoramix ; P. ordonne à chacun d’abandonner la tâche en cours, d’où (running-gag) le chef se retrouve le derrière par terre. Voyage vers Rennes. Le garde est ravi qu’ « aucun Romain ne nous a<it> jamais empâchés de passer ». Intérieur demi-jour : Garovirus et ses amis ronflent. Chute d’un corps dans la marmite (gag déjà utilisé, notamment dans A. légionnaire) : voix off du chaudron, trois Gaulois dont un druide viennent d’entrer dans le palais.

 

P. 15. Examen médical du questeur ; Garovirus survient et appelle la garde, mais les gardes ont organisé une orgie de leur côté… en fin de page, la bataille en onomatopées off. Obélix apporte un légionnaire à Panoramix, le tenant par le cou et s’apitoyant sur le peu de santé des gardes…

 

P. 16. Plan large sur les légionnaires entassés devant un Garovirus perplexe et le lit du questeur, toujours sur le fond de lambris dorés. Nœud de l’intrigue : Panoramix a besoin d’une fleur d’edelweiss, Garovirus propose d’envoyer ses gardes, mais Obélix (tout en présentant de nouveau celui qu’il tenait par le cou) objecte qu’ils sont trop faibles. Panoramix déclare qu’il gardera Malosinus en otage.

 

P. 17, haut. Le druide explique pourquoi il a pris Malosinus en otage, ce que Garovirus a compris de travers. Il missionne Eucaliptus pour partir en Helvétie avec un panier-orgie, et fin de la page, extérieur nuit : Panoramix et le questeur dans un char couvert, Eucaliptus à cheval et Astérix et Obélix en bige partent sur des chemins différents.

P. 18. A. et O. sur la charrovoie. Panneau annonçant une aire de service avec restaurant (fond bleu, deux mains dégouttantes de sauce). Restovoie à cheval sur la route, on peut d’en haut contempler les accidents de la circulation.

La restauration sur les autoroutes était à l’époque le monopole d’une chaîne appelée Jacques Borel. Dans un autre album, il est noté qu’on y mangeait particulièrement mal…

 

P. 19. Tandis qu’A. et O. passent la nuit dans un « charotel », une orgie débute chez le gouverneur de Genève : des serviteurs suisses apportent une marmite de fromage fondu, les hôtes font la queue pour y tremper leur petit bout de pain, au bout d’une épée, et ceux qui le perdront auront un gage : coups de fouet, puis baignade dans le lac… Diplodocus proteste contre la manie suisse de la propreté : deux serviteurs passent la serpillière alors qu’ « une orgie, ça doit être sale ! » (cf. p. 7). Un des convives, plutôt niais, a perdu son petit bout de pain…

 

P. 20. Retour sur l’autoroute : A. et O. font le plein (eau, avoine). Le petit personnage tenant une roue, inspiré du guerrier gaulois classique, était à l’époque l’emblème d’une société de produits pétroliers rachetée depuis, qui le diffusait sous forme de porte-clés, lesquels, à l’époque, étaient à la mode. Ce plan, selon les habitudes du cinéma, sert à fixer chronolo-giquement les épisodes : A. et O. doivent arriver en retard sur Eucaliptus.

À Genève, les partiipants du banquet sont pris dans le fromage fondu quand arrive Eucaliptus. Le maladroit perd encore son petit bout de pain, et, haut de la p. 21, il va être jeté dans le lac. Pendant ce temps, Diplodocus reçoit les consignes de Garovirus.

Frontière. A. et O. sont arrêtés et contrôlés (allusion aux contrôles plutôt tâtillons qu’on subissait à la frontière suisse), le centurion les laisse passer pour les arrêter de l’autre côté (gag repris d’Astérix chez les Goths). P. 22-23, massacre des centurions-douaniers.

 

P. 24. Plan large sur un champ de blé d’où émergent des centurions (réutilisé dans Astérix en Corse), puis sur le pont de Genève. Cinq cases sur fond entièrement noir : dans le lac, rencontre avec le banqueteur maladroit.

 

P. 25. Extérieur nuit : le maladroit retourne à l’orgie (il annoncera sa rencontre avec les Gaulois), A. et O. entrent à l’auberge du Lac avec les pieds boueux. Colère de Diplodocus.

P. 26, trois bandes : Diplodocus donne ses ordres ; le maladroit lui raconte sa rencontre.

Note ; Goscinny s’est depuis peu dégagé des contraintes de la publication hebdomadaire, qui oblige pratiquement à respecter la règle des trois unités : un lieu, un moment, une action sur deux pages. Grâce à la publication en album, il peut changer de plan sur une page, voire sur une bande, ce qui est le cas ici : on retourne à l’auberge. Noter que celle-ci ne comporte pas de chambre XIII, mais une XII bis, comme les hôtels américains n’ont pas de treizième étage. L’aubergiste (Petisuix, on apprendra son nom à la fin de la p. 28) indique comment retourner le sablier toutes les heures, et emporte les chaussures boueuses pour le gag suivant.

 

P. 27. Irruption de la patrouille (scène déjà vue maintes fois…). Le décurion remarque les traces de boue, mais admet que l’aubergiste s’amuse à salir son auberge lui-même. Désespoir de celui-ci : « J’ai sali ma propre auberge, tout ça à cause de ces maudits Romains. » 

 

P. 28. Accélération dramatique : l’aubergiste vient chercher A. et O. en urgence, ils sortent en courant (extérieur nuit), mais l’aubergiste retourne pour sonner l’heure. Arrivée devant la banque : Petisuix réveille Zurix.

 

P. 29. Dans les sous-sols de la banque suisse : A. et O. peuvent s’y enfermer, mais il faudra une procuration pour les laisser sortir… exposé du secret bancaire. C’est seulement dans les années 68 que le grand public a pu apprendre comment des politiciens et financiers français (sans compter un grand chanteur et un grand acteur, encore vivants et que je ne nommerai donc pas) dissimulaient leurs revenus sur des comptes numérotés. Zurix est clair : « pour moi, vous ne serez que deux numéros anonymes ».

 

P. 30 : Obélix, affamé, fait sauter la porte du coffre. Zurix découvre les dégâts avec horreur. P. 31 : coup de théâtre, voix off d’un Romain à l’étage supérieur. Zurix cache A. et O. dans un grand coffre plein d’objets égyptiens (gag repris du bouclier arverne) et Obélix se plaint que le fromage suisse soit plein de trous…

P. 32. Le coffre servait au décurion à conserver « quelques petits souvenirs de mes campagnes » (leitmotiv, rappelons que César n’a fait campagne en Égypte qu’en 49) et menace de fermer son compte en apercevant la porte fracassée. Désespoir de Zurix, en écho à celui de Petisuix p. 27.

 

P. 33. Gros plan sur un sablier et Petisuix qui se réveille difficilement. Plan large sur l’auberge du Lac où le réveil provoque des réactions violentes, dont une en caractères gothiques. Petisuix et Zurix expédient A. et O., déguisés en Helvètes (il suffit d’un arc), et Petisuix s’emplit un verre en exprimant le plaisir de « boire en Helvète ».

L’expression « boire en Suisse », = sans partager, est sans doute passée de mode. Ce que les jeunes ignorent aussi, c’est qu’en Suisse les citoyens sont soumis à un service militaire continu jusqu’à 50 ans (comme les Romains d’ailleurs…) et participent à des périodes d’exercices deux ou trois fois par an ; ils conservent leurs armes chez eux.

 

P. 34. A. et O. déambulent dans les rues de Genève. Barrage de légionnaires, le maladroit les reconnaît. Au lieu de démolir les Romains, ils se réfugient au Palais des Congrès, énorme monument inspiré du Panthéon d’Agrippa et du Mausolée d’Hadrien.

Est-il utile de le préciser, la Genève reconstruite ici comme siège de la Société des Nations (1919-1945) est de pure fantaisie. Cependant, malgré le massacre des Helvètes en 58 du côté de Luzy, en Morvan, les quelques-uns que César avait laissé repartir chez eux sembleraient avoir prospéré, puisque le complexe Les Fins d’Annecy ou Boutae, Genava, deux gros bourgs reliés par une voie pavée dès avant 50, livre des vestiges archéologiques sans rupture nette depuis le Latène final (avant 60). C’est que Genève n’appartenait absolument pas aux Helvètes, mais aux Allobroges, et appartenait donc à la Provincia romaine depuis 113.

 

P. 35. Scène de sénat : un orateur bavard, des gradins où tout le monde dort, scène troublée par une patrouille romaine (« Je vois le petit teigneux ! ») et un Helvète qui rappelle l’heure en hurlant « Coucou ». Mécaniquement, les congressistes endormis font à vide le geste de tourner le sablier.

 

P. 36. A ; et O. se jettent dans le lac. Les légionnaires les poursuivent, mais ne savent pas s’ils doivent garder leur cuirasse ! Le décurion les pousse dans le lac avec ce cri, « nunc est bibendum ». Sans commentaire, comme aurait dit César.

Le fameux nunc est bibendum est extrait d’une ode d’Horace, datée de 30 : le texte complet, nunc est bibendum, nunc pede libero pulsanda tellus, « c’est le moment de boire et de frapper le sol en dansant d’un pied libéré », célèbre la mort de Cléopatre, ennemie du pouvoir augustéen puisque plus ou moins mariée à Marc Antoine. On appréciera la délicatesse de ce poète de cour qui passe pour un libertaire. En ce qui concerne la natation, Suétone considère comme surhumain un César qui pouvait traverser une rivière à la nage, en s’aidant d’une outre gonflée d’air : les Romains, en général, tout en passant aux bains tous les jours, ne savaient pas nager !

 

P. 37-38. Des Helvètes en partance pour jeur exercice militaire recueillent A. et O. Leurs chants (le yodel) manque faire fuir Obélix : c’est pis que notre barde (mais cela, le lecteur le complétera tout seul). En fin d’épisode, les trompes alpines accueillent le bateau d’un ranzcacophonique. Petisuix, hurlant à l’oreille d’Astérix, vante le pays si gai, si paisible…

 

P. 39. Les archers suisses s’exercent. Un petit garçon, portant une pomme, va placer la cible. Astérix est invité à tirer le premier, mais Obélix éternue au même moment, et la flèche aboutit… en plein milieu de la cible. L’enfant (le fils de Wilhelm Tell) revient avec sa pomme.

L’épisode occupe une page, mais malgré l’allusion à une légende locale il n’est pas inutile dans le récit : l’indépendance de la Fédération, au xviie siècle, repose sur cette légende, dont l’évocation a toute sa place pour faire des Helvètes, qui sont en fait des Allobroges, des résistants à l’occupant romain.

 

P. 40-41. Il va êtere temps de partir chercher l’étoile d’argent, mais les Suisses sont méthodiques : la fondue d’abord. Pour accélérer le mouvement, Obélix vide la marmite et le tonneau, puis s’effondre. Les Romains arrivent : il va falloir le hisser. Les Helvètes s’encordent.

 

P. 42. Astérix avait un reste de potion, qu’il dilue dans la fondue. Les Helvètes, malgré leur neutralité, massacrent les légionnaires juste débarqués, puis les soignent : origine de la Croix-Rouge, dont le fondateur, Henry Dunant, était suisse (1882, sauf erreur).

 

P. 43 bas : début de l’épisode montagnard. Un petit légionnaire attrape Obélix, suspendu tête en bas.

 

P. 45. Astérix, en tête de cordée, trouve enfin l’edelweiss. Mais il faut un glaive pour le déterrer. Qui a un glaive ? le légionnaire, tout en bas ; il réussit à le faire passer en contournant Obélix. Arrivée au sommet : on découvre le Romain.

 

P. 46. Obélix est toujours endormi, il va servir de luge à Astérix. Sur la pente, ils envoient en l’air la patrouille romaine qui a fait le tour (on ne sait pas comment, mais la vraisemblance n’est pas de mise : c’est une allusion à deux scènes de Hergé dans Le Temple du Soleil et Tintin au Tibet). P. 47 haut, après avoir percuté un rocher, A. et O. arrivent en roulant dans le lac.

 

Épilogue, p. 47, trois cases, et 48. Garovirus, suant l’hypocrisie, demande des nouvelles du questeur, croyant toujours que faute de retrouver leurs envoyés les Gaulois vont l’exécuter. Voix off : « c’est prêt ! ». Panoramix verrs la coulisse : ajoutez quelques gouttes de potion magique. Malosinus sort de la cabane, furieux, et expédie Garovirus en l’air. Pour la première fois, un Romain participe au banquet.

Note sur la notion d’otage : le nom latin est obsideset indique qu’on les prend suite à un siège ou à une campagne où l’adversaire négocie ; dans le cas contraire, toute la population était tuée ou emportée en esclavage. Les otages font très formellement partie du traité de paix par lequel la ville qui s’est rendue suite à un siège (ou, par extension, le peuple qui accepte de se soumettre) s’engage à verser des indemnités, à détruire ses armes, etc. Les otages sont la garantie d’honneur : on n’attentera pas à leur vie tant que les obligations contractuelles seront respectées. Bien entendu, on choisit des personnes de la noblesse, jeunes de préférence pour assurer la pérennité du gage, et ils sont accueillis dans la noblesse romaine. Ainsi Polybe, fils d’un stratège achéen et lui-même hipparque (deuxième magistrature dans la confédération), vécut dans la famille des Scipions et finit par écrire, à destination de ses compatriotes, une gigantesque histoire propagandiste de Rome. Hermann le Suève, sous le nom d’Arminius, reçut toute l’éducation militaire romaine, au point de rentrer chez lui dans l’état-major romain et de soulever son peuple pour l’amener à détruire les six légions de Varus lors de la fameuse bataille de Teutoburg. Certains pensent que Vercingétorix aurait été, comme fils du roi arverne Celtillos, été otage à Rome et même membre de l’état-major de César, ce qui lui aurait permis d’apprendre à organiser la révolte de 53-52, mais il n’y a aucune preuve.

 

 

 

 

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