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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 21:39

Y'en a marre… la TV fait du bruit derrière moi, et j'ai cru entendre dire "Marcus Fulvius Cicero", au lieu de Tullius, ce qui ne m'étonnerait pas trop avec cette série traduite (forcément mal) de l'amerlaud.

Cela fait trois semaines que je m'impose, pour vous, de regarder cette série sur les guerres civiles, j'en suis à l'assassinat de Pompée, et franchement… l'arrivée de César à Alexandrie et les jurons d'Arsinoé (à moins que ce ne soit Ptolémée Aulète, avec une voix de fille) invitent à éteindre tout de suite le machin et à lire un bon bouquin.

Si j'ai bien suivi, mais c'est difficile parce que l'intrigue artificielle ne se pose, parfois, que par incidence sur les événements authentiques, les auteurs ont pris comme fil conducteur deux personnages dont César parle une fois, quelque part au livre VII du Bellum Gallicum, les centurions Pullo et Vorenus. Ces deux centurions vont se retrouver dans les bouges de Subure, se rengager dans les troupes de César, qui "'craint une guerre civile" alors même qu'elle existe depuis six mois, mais comme j'écoute d'une oreille tout en saisissant ce texte, il s'agit peut-être d'une guerre civile entre les gens d'Alexandrie. Qui étaient pour partie des légionnaires installés depuis un demi-siècle à Alexandrie et mariés avec des macédoniennes et des égyptiennes, et se sont de fait opposés à César.

Au fil des épisodes, j'ai observé un Cicéron bien trop jeune, un Brutus inconsistant, un Pompée calculateur alors qu'il n'a fait qu'hésiter… bref du roman, pas de l'histoire. Du telefilm amerlaud de qualité simplement moyenne, pour être clément.

En revanche, l'avant-dernier dimanche de juin je crois, la même chaîne avait diffusé une chose compliquée, en images de synthèse avec très peu d'acteurs qui parlaient latin et grec. Et, sans le sous-titrage, on comprenait ce qu'ils racontaient ! Le troisième épisode était le "making-off" et révélait les techniques de fabrication : les cavaliers sur une poutre dans un studio, qu'on revêtait ensuite d'un décor synthétique mobile, la méthode suivie pour leur apprendre à prononcer un latin et un grec à peu près vraisamblables, la phonétique du second étant calquée sur le grec parlé moderne, celle du latin sur le latin dit vulgaire, celui des inscriptions de Pompei.

Cette série en cours dépourvue du moindre intérêt fait, hélas, oublier la très novatrice reconstitution qu'on a pu voir fin juin. Comme vous savez manipuler les trucs internet pour revoir les choses déjà diffusées, vous avez déjà compris ce qu'il vaut mieux éviter.

Maintenant, je vous livre un scoop : les idolâtres de César répètent, sans aucune vérification, que l'imperator connaissait tous ses légionnaires par leurs noms et prénoms (chapeau ! il y en avait quand même 40 000 à 50 000, sans compter les auxiliaires ; il avait un ordinateur entre les oreilles, Jules !). Or il ne cite que Vorenus et Pullo, qui rivalisaient de vigueur et ne s'aimaient pas, mais un jour, devant Gergovie, Pullo est blessé et son ami/ennemi Vorenus se lance face à l'ennemi pour le récupérer (passage exact sur demande).

Vous croyez l'épisode authentique ? Relisez n'importe quelle mythologie grecque : César a repiqué un épisode, celui d'Oreste et Pylade, et d'ailleurs les noms romains ressemblent beaucoup aux noms grecs.

Étonnant, non ?

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