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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 20:02
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Alix, les débuts d'un héros de papier.

Préliminaire : j'ai longtemps cru que les aventures d'Alix avaient débuté bien avant la guerre (celle de 40-45), tellement elles étaient techniquement et narrativement conformes à celles de Tintin. Démenti formel : Jacques Martin est mort en janvier 2010, et la première aventure d'Alix est parue dans Tintin en 48. Au fil des publications en albums, elles ont été quelque peu rafraîchies, mais toujours sous le contrôle de leur auteur. En revanche, celui-ci était l'un des illustrateurs et coloristes d'Hergé, et il a participé aux Bijoux de la Castafiore, entre autres. Ce qui a entraîné le doute est que la législation belge n'est pas aussi tatillonne que sa voisine française : la date du © d'origine n'apparaît pas forcément sur une réimpression.

Pour tout confondre, les deux premiers volumes résultant des pages publiées dans Tintin à partir de 48 étaient difficiles à trouver en album. Mystère donc : comment Alix, Gaulois blond, était-il devenu citoyen romain et même patricien, avant de suivre César et de mettre Pompée en échec, de voyager en Égypte, en Grèce, et jusqu'en Chine ? D'où vient l'inséparable Enak ? Les deux premiers albums viennent d'être réédités, avec un lettrage probablement amélioré, et des images sans doute un peu nettoyées par Rafael Morales. La pagination, en un seul volume pour deux aventures + un reportage sur l'Égypte, n'est plus celle d'origine.

De plus, il est interdit de publier la moindre image, de sorte que le compte-rendu narratologique que je tente de vous faire sera purement verbal. Mais il suffira à montrer que ces premiers volumes ne sont qu'une accumulation de poncifs et d'invraisemblances.

Premier volume : Alix l'Intrépide.

Couverture, plus tardive : Alix, adulescens, à cheval avec tunique rouge et chlamyde de même couleur, à cheval, armé d'épée, ceinturon, monté sur un cheval qui ressemble à Bucéphale, saute entre des architectures incendiées, au milieu de moellons qui tombent, par-dessus quatre soldats à casques corinthiens, dont l'on ne voir que les têtes et les épaules.

P. 7 de l'édition 2010 : Flavius Marsalla, un général de Crassus, pénètre dans Khorsabad après un siège "trop long à son avis". Il a l'air très satisfait de lui-même, est monté sur un quadrige de triomphateur et revêtu de la cuirasse anatomique des centurions, d'une chlamyde bleue et de la couronne de laurier. Un gamin blond aux traits indécis l'observe depuis une terrasse, et se penche tellement que les pierres s'effritent et tombent sur l'officier… Le jeune esclave, traité de vermine, fuit, poursuivi par les sous-officiers romains.

Didascalie en haut de page : Pompée, César et Crassus se sont partagé l'empire, nous sommes en 53.

P. 8 : rattrapé et interrogé avec la brutalité d'usage, le jeune esclave avoue s'appeler Alix et s'être caché dans les souterrains qui abritent le trésor de Sargon. Un cavalier arrive au galop pour transmettre un message urgent au général (qui ne peut pas être Marsalla…).

P. 9. Marsalla délire devant le trésor de Sargon, mais le cavalier lui apprend la mort de Crassus. Marsalla décide de fuir par la montagne, fait enchaîner Alix et incendier la ville. Les liens sont solides.

P. 10. Selon la technique éprouvée par Tintin, Alix laisse brûler ses liens, puis s'enfuit et tombe endormi dans la ville. Les cavaliers du Parthe Suréna le découvrent.

P. 11. Suréna interroge Alix, lui donne un cheval, fait mine de le laisser partir, mais un archer le vise…

P. 12. Suréna, bien sûr, a pris Alix pour un espion romain et veut le faire suivre pour qu'il lui révèle où est passée la légion (?) de Marsalla. Alix et son cheval tombent dans une citerne pleine de crocodiles.

P. 13. Les archers de Suréna tuent les crocodiles et Alix, toujours sur son cheval, emprunte un souterrain d'où les cavaliers reçoivent mission de l'attendre à la sortie…

P. 14-16. Introuvable Alix ! En fait, il attend Suréna dans la montagne, et celui-ci lui donne un armement. Mais Alix refuse de suivre le Parthe et cherche un endroit où passer la nuit. Ce faisant, il tombe sur trois légionnaires qui veulent dépouiller une misérable famille. Il s'interpose.

P. 17. Combat à l'épée avec un centurion. Alix a le dessous.

P. 18-19. Les barbares veulent exécuter le centurion vaincu, mais Alix négocie la venia. Il part ensuite dans les montagnes, et tombe sur une meute de loups dont il fait un grand massacre (dans d'autres aventures, on le verra pactiser avec les loups). Mais dans sa fuite, il s'assomme sur une branche.

P. 20. Situation désespérée ! Alix se réveille dans les bras d'un colosse qui l'a sauvé des loupes en les exterminant.

P. 20, moitié inférieure : ce sont des Haïkanes, qui habitent des maisons de pierre dans la montagne ; ils ne sont connus d'aucun peuple conquérant et doivent brûler les yeux de ceux qu'ils recueillent et les garder. Alix s'enfuit.

P. 21-22. Négociation entre le chef de la tribu qui veut absolument aveugler Alix et le géant qui demande simplement qu'on le tue. Finalement tous deux sautent dans le vide.

(on est en milieu de page, et je suppose que la version primitive était publiée en strips d'une demi-page, car les coups de théâtre arrivent souvent à cet endroit).

P. 22 toujours. Alix et Toraya ont plongé dans un gouffre d''eau glacée, ils remontent mais éprouvent un étrange malaise. C'est un tremblement de terre ! Le village perché de Toraya a disparu, ils sont les seuls survivants. Toraya a protégé Alix "parce que tu me rappelles un fils que j'ai perdu." "Alors les deux amis s'éloignent en silence dans le décor chaotique." De dos, zoom arrière, et on change de plan en-dehors de la césure de page ou de demi-page usuelle.

P. 23, ligne 3 : le plan d'Alix et de Toraya s'éloignant de dos occupe deux cases ; la troisième, deux fois plus large, nous amène "un mois plus tard, dans l'ancienne colonie grecque de Trébizonde." Des Sarmates apportent des prisonniers au proconsul Arenus, qui les regarde à travers un monocle d'émeraude (dont l'invention serait due à Néron, selon Suétone).

(Précisons qu'à l'époque les proconsuls étaient des nobles romains, qui avaient été consuls, et qui s'occupaient d'une province après leur sortie de charge. Martin confond ces dernières années de la république avec l'époque du Principat, où l'empereur nommait des promagistrats et des procurateurs équestres à sa guise.)

P. 24-25. Un Grec à l'air louche, Arbacès, intervient dans la distribution des prisonniers et sauve Alix. Or un espion anonyme avait "téléphoné" à Arbacès à la page précédente. Alix et Toraya sont "libérés" et remis à la garde d'Arbacès, qui bien entendu a de sournoises pensées.

P. 26-29. "Nos deux amis" se retrouvent en pleine mer, embarqués sur une liburne qu'attaque une galère scythe. Abordage, qui tourne court.

P. 30-31. On arrive à Rhodes. Alix, en se réveillant, découvre un poignard qui n'appartient pas à Toraya ; il le jette à la mer, sous la réprobation d'Arbacès. On débarque, et Arbacès offre du vin à ses amis…

¨¨P. 32. Toraya échappe à une tentative d'empoisonnement par Arbacès. Puis à une tentative d'assassinat au poignard.

P. 33. Alix et Toraya trouvent un navire pour l'Égypte, mais ils sont attaqués avant de pouvoir embarquer. Menacé par deux épées, Alix (p. 34) est récupéré par Arbacès, qui finit par avouer au gouverneur de Rhodes qu'il entendait lui faire donner la citoyenneté romaine pour qu'il témoigne contre Marsalla… Marcus, un légionnaire, finit pas le pousser au bord d'un balcon, d'où il tombe.

Fin provisoire d'Arbacès,mais il reviendra comme Rastapopoulos !

P. 36. Récupéré sur une civière par le gouverneur de Rhodes, qui lui promet son amitié désintéressée, Alix retrouve Toraya devenu chef des vigiles de la police romaine à Rhodes… et sans savoir pourquoi, on reprend la mer, direction Rome, en plein milieu de planche.

{Note intermédiaire : c'était déjà incompréhensible voici quelques semaines,quand je me contentais de lire la BD, mais maintenant que j'essaie d'en faire le pitch, j'ai l'impression que l'auteur n'a aucun scénario et se rattrape aux branches in extremis une fois ou deux par page. Mais après tout, c'est vous, les étudiants, qui devez tirer les conclusions… Moi, je viens d'y passer trois heures, et je vais arrêter là et balancer ce premier schéma sur le blog. La suite un autre jour et sous une autre forme !]

 



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Published by - dans LC02
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