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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 14:08
Néropolis, d'Hubert Monteilhet, est un peu la Rolls des romans fondés sur l'histoire romaine. L'auteur fut enseignant d'histoire avant de se lancer dans le roman d'aventures ou policier, où sa réussite est notable. Une écriture flamboyante, des intrigues à rebondissements, en font l'un des grands de ce domaine. La réussite est-elle égale dans ce long roman (750 pages) ? L'ayant lu trois ou quatre fois depuis vingt ans, je vois maintenant mieux les défauts.
L'intrigue commence avec le sénateur Aponius, qui est arrivé à ce statut grâce au patronage de la gens Iunia : le grand-père était intendant d'un Iunius Sabinus, chargé de gérer… ses élevages de poissons. Or Caligula, au cours d'une vente aux enchères, joue un tour pendable au sénateur : il l'oblige à acheter des gladiateurs pour 90% de sa fortune. Veuf, Aponius cède à sa nièce qui l'engage dans un mariage blanc, de manière à le rapprocher des Silanus, et finalement Marcia divorce d'Aponius, se remarie avec Decimus Silanus, qui adopte les deux enfants de Marcus, Marcus iunior et le beau Kaeso. Celui-ci, en Grèce, s'initie aux mœurs locales, ce qui donne lieu à de fort obscènes plaisanteries, mais de retour à Rome il doit faire face aux avances de sa cousine et marâtre. Puis Kaeso rencontrera l'apôtre Luc, compagnon de Cn. Pompeius Paulus, qu'on connaît mieux sous le nom de Paul de Tarse ou saint Paul. Je ne vous raconte pas la suite parce que je n'en suis qu'au tiers, mais de mémoire la cruauté de Néron vaudra à l'un des frères de mourir puis de ressusciter.
Monteilhet est un compliqué, et son intrigue prend le contrepied de celle, simpliste, de Sienkiewicz dans Quo vadis ? De ce point de vue, je me rappelle une première lecture bien lointaine, où le récit m'avait paru haletant malgré sa longueur.
Sa longueur, et ses longueurs : Monteilhet a une connaissance encyclopédique des realia romaines, et en fait largement profiter le lecteur. Six pages sur l'élevage des oiseaux de luxe, autant sur les poissons, deux sur la famille julio-claudienne, une dizaine sur les banquets, quelques-une sur la gladiature (centrale dans le roman), l'érotisme, les jardins, les cimetières…
En 1984, ce gros roman se présente comme le modèle des thrillers publiés par 10/18, mais les moyens littéraires du genre ont évolué vers, disons, une lisibilité plus immédiate. Il n'empêche qu'à première lecture Neropolis doit demeurer passionnant, et même les longues lettres échangées entre Sénèque et son frère Gallio, ou les listes à la Zola des espèces de fruits de mer comestibles, ne doivent pas trop lasser. Mais c'est aussi un trésor (au sens de thesaurus) où l'on trouve tout sur l'époque néronienne, avec une érudition contrôlée, que je n'ai prise en défaut qu'une fois toutes les cent pages environ.

6 octobre (à remplacer par un article plus complet)

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Published by - dans LC02
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