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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 19:07

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Claude Merle, Vercingétorix, Bayard jeunesse (2010, 220 pages, 12 €).

L’auteur a commis une quarantaine de récits « historiques » pour la jeunesse : Spartacus, Alexandre, Lancelot…). Comme le dit le préfacier, il s’agit de « reconstituer, à la lumière des plus récentes découvertes archéologiques, la vie de Vercingétorix, depuis l’exécution de son père jusqu’à sa propre mort, non moins tragique, dans la prison de Tullianum. Il est écrit comme un roman. Mais l’Histoire n’est-elle pas le plus passionnant des romans ? » De fait c’est du roman, et rien d’autre : l’histoire y est aussi maltraitée que la géographie.

Je vous ai prévenus maintes fois contre la littérature pour la jeunesse comme contre celle qui vise le public des seniors inactifs, dont le style est ce qu’il est, et le mépris des données scientifiques la règle.

Déjà la carte qui figure en frontispice doit alerter : Vix n’est pas sur la Seine, la Saône n’existe pas, il n’y a plus de confluent à Lyon, Armançon est une ville sur la carte et dans le texte une rivière qui coule au nord des Séquanes (en fait : qui sépare les Lingons des Éduens).

Les têtes de chapitres portent des dates au jour près, qui sortent de l’imagination de l’auteur : César se gardant bien, et pour cause, de donner la moindre précision.

Au passage, on découvre un « empereur » nommé Domitius (imperator, je suppose, Domitius Ahenobarbus qui a été proconsul en Narbonnaise en 59) ; une école druidique à Rudève (Rodez ?) ; une salle commune creusée dans le roc sur un mètre de profondeur dans le basalte arverne ; des Germains en plein Massif Central en 64 ; un sénateur Galba, « devenu magistrat suprême » en 64 et donc « exempté de service militaire » ; un Licinius qui tue Dumnorix et qui est maître de cavalerie alors qu’il n’y a pas de dictateur ; César à Rome en hiver 53-52, alors que, proconsul, il ne pouvait sortir de Gaule et tenait ses quartiers d’hiver du côté de Pise ou de Ravenne ; un Pompée qui « a toutes les chances de devenir consul unique » alors qu’il l’a déjà été en 55 ; les remparts de Gergovie ornés des crânes des centurions (décoration qu’on ne connaît qu’à Entremont !) ; Lyon fondée en 52 (elle ne le sera qu’en 43) ; un oppidum d’Alésia qui est « vaste », alors que l’auteur parle d’Alise Sainte Reine ; une via Lacta qui est peut-être la via triumphalis… 

Il y a bien d’autres approximations, mais aussi des informations sérieuses : par exemple, ce qui n’a été démontré que dans les années 70, la technique de fabrication des épées par feuilletage d’acier doux et d’acier dur (en fait, par carburation à chaud de lames de fer battues avec d’autres non carburées) ; l’idée que César fuyait vers Lyon (qui n’existait pas, mais s’il visait l’Île Crémieu, ce n’est pas bien loin de Saint-Exupéry, autrefois Satolas…) ; mais on retombe là sur l’absence de la Saône dans la géographie sommaire de l’ouvrage.

Espère-t-on former les élèves du primaire à l’histoire en leur racontant des histoires qui n’ont ni queue ni tête ? Mieux vaudrait leur faire lire Astérix : au moins, Goscinny ne prétend pas à l’exactitude historique !

. Rappelons, c’est élémentaire, que les magistrats dans leur province étaient forcément chefs d’armée…

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Published by - dans LC02
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