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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 18:36

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Pélagie-la-Charrette

On va s’étonner que je parle de cet excellent roman d’Antonine Maillet, qui a déjà plus de cinquante ans. Deux excellentes raisons à cela : il traînait dans une chambre d’amis où j’ai dû me réfugier pour une question de plomberie, et surtout il m’a permis de mieux comprendre la genèse des deux parties de la bible chrétienne.

Les exilés poitevins, normands ou basques qui avaient cru trouver leur place aux Amériques s’étaient fixés au XVIIe siècle en particulier au Québec. Suite à divers accords internationaux, les Anglais les expulsèrent de leurs terres en 1754-55 (le Grand Dérangement), certains furent réduits en esclavage, d’autres reconduits en France (d’où certains revinrent par Nantes), d’autres s’installèrent dans le delta du Mississipi. Antonine Maillet relate l’odyssée (terrestre plus que maritime) de familles qui retraversèrent la moitié du continent pour regagner les sites historiques. Pour plus de précisions historiques, voir les articles détaillés de Wikipédia.

Dans ces exils, les Acadiens eurent à cœur de préserver leur religion, leur langue et surtout leurs lignées : des conteurs « défrichetaient » les généalogies comme on avait défriché les terres. Ce qui fait que chacun traînait dans son anthroponyme une succession d’ancêtres : François à François à Pierre à Pierre à Pierre Le Blanc, comme un Athénien pouvait être Archidamnès fils de Théodote, petit-fils de Démophon, du dème de Phrouroi, ou comme un Romain de la noblesse gardait dans son vestibule les masques de ses ancêtres sur plusieurs générations.

Sauf qu’ici tout est oral, donc tout se déforme, et qu’on accuse volontiers le conteur de raconter des inventions. Ces éléments psychologiques permettent de mieux comprendre comment les Hébreux, lors de leur second exil, entreprirent de réunir les contes issus du premier, puis de les écrire ; quittes à falsifier les généalogies, par exemple pour fabriquer quatorze générations de Moïse à David et autant de David à Jésus, comme l'a montré dos Santos. Inutile de préciser que Dieu n’est pour rien dans tout cela.Version:1.0 StartHTML:0000000105 EndHTML:0000005126 StartFragment:0000002354 EndFragment:0000005090

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