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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 19:55

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Jean-Claude Lattès d’un côté, Petra de l’autre.

On pouvait s’y attendre, over-blog n’est pas franchement devenu payant, mais les services gratuits y sont de plus en plus limités. Quand ils deviendront inexistants, j’arrêterai de communiquer sur mon site voué à la Sorbonne (au départ), Sorbonne où je n’ai plus rien à f… puisqu’elle m’a laissé partir sans regret, de part ni d’autre, avec une retraite de misère, parce que mon excellent jury de thèse, composé de vieux amis, m’a fabriqué un rapport de soutenance tellement dégueulasse que j’ai fini maître de conférences… mille € mensuels de moins qu’au grade de prof que je méritais largement.

Mais enfin, laissons les minables à leurs magouilles. J’ai trouvé chez Pocket un roman de Jean-Claude Lattès, que je connaissais comme éditeur, et qui aurait pu faire mieux comme historien. Son bouquin s’intitule Le dernier roi des Juifs et relate, excellemment, les relations et les généalogies d’Hérode et Mariamne jusqu’à ce dernier roi des Juifs d’Israël/Judée/Galilée, lié par des relations familiales compliquées avec Caligula, son « frère ». Lattès en relate une épopée assez dionysiaque, faisant d’Hérode Agrippa un digne successeur de Marc Antoine et égal de Tibère en cruauté et en faculté de rebondissement. C’est fort bien fait, et si je n’ai plus trop le détail en tête au bout de quelques mois, j’ai surtout relevé quelques erreurs mineures : le Laureolus, cette farce sanglante que les empereurs faisaient jouer dans l’arène avec exécution sanglante du personnage principal, n’est pas de Catulle (p. 199 de l’édition Pocket), le sénat ne risque pas de siéger jusqu’à quatre heures du matin puisqu’il fermait ses travaux au coucher du soleil (p. 208), la définition de la civitas est fausse (p. 218 n.), mais sur la partie orientale du récit je n’ai rien trouvé à redire… ma compétence étant quand même encore limitée dans ce domaine que j’étudie tant qu’il me reste quelques capacités intellectuelles.

Item, j’ai vu passer à maintes reprises (voici déjà trois mois, mais on les reverra) sur arte des documentaires bien documentés sur Petra et les Nabatéens. Les documentaires (répétition volontaire) repassant en boucle pendant plusieurs semaines, j’en retiens surtout l’étude détaillée des citernes et canaux qui alimentaient la cité cachée en plein désert, ces travaux énormes qui faisaient de Petra une oasis artificielle alimentée uniquement, mais au niveau d’une ville comme Rome, par la captation des eaux pluviales. Du commentaire, je retiens surtout que Petra fut asséchée économiquement par les Romains vers le même moment (70-80 après J.-C.) où ils utilisaient leur habituelle force brutale pour réduire les derniers résistants juifs à Massada, après avoir détruit le Temple de Jérusalem.

Géographiquement, il n’y a guère qu’une grosse centaine de kilomètres entre les deux cités, et l’histoire comparée de l’une et de l’autre tend à montrer simplement que le monstre impérialiste romain usait à la fois de la violence militaire et de l’isolement économique pour venir à bout de tout ce qui osait lui résister. J’y reviendrai à propos de Zénobie et de Palmyre.

Une petite hypothèse pour finir : les exploits hydrauliques de Petra, avec ces dizaines de kilomètres de canaux et les fameuses 200 citernes, rappellent bien l’hydraulique étrusque dont Rome s’est inspirée… ou plutôt que les Romains ont volée. Les façades des tombes rupestres (précisons : le reportage d’arte indique que seules les tombes monumentales des riches avaient vue sur la ville) devraient imposer un nouveau regard sur les tombes rupestres du sud de l’Étrurie, qui sont plus anciennes et dépendent, pour leur esthétique, d’une Grèce bien plus archaïque. L’avis le plus récent des linguistes qui connaissent… est que les Étrusques (enfin, le 1% maximum qui écrivait en caractères phéniciens passés par Chalcis) parlaient une langue micrasiatique, on connaît par une inscription un etera (équivalent du client romain, autant qu’on sache) qui s’appelait aqiba en étrusque, ce qui traduit probablement un Jacob de la tribu d’Israël, devenu étrusque ; la dynastie d’Hérode Antipas était arabe, les mariages l’allièrent avec les Juifs et avec les Grecs, et donc toute distinction de nature raciale dans le bassin méditerranéen est historiquement nulle et non avenue. Juifs et Palestiniens sont frères, un jour ou l’autre il faudra bien qu’on le leur dise… et surtout qu’ils en tiennent compte.

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